vendredi 31 mai 2013

Ajouts aux blogolistes

Deux ajouts aux blogolistes aujourd'hui :

-unetudianthistorien, le blog Wordpress de Michel Deniau, qui se définit lui-même comme "un simple étudiant historien antiquisant vivant à Strasbourg". Beaucoup de billets intéressants et une personne avec laquelle il est agréable d'échanger, avec des thématiques qui se recoupent parfois avec les miennes (vulgarisation, histoire militaire, histoire antique...).

- World War II and others Books Reviews, le blog de T. Kunikov, étudiant américain en histoire, titulaire d'un master et qui poursuit des études en doctorat. Il offre notamment de nombreuses fiches de lecture sur des ouvrages traitant du front de l'est.

N'hésitez pas, également, à venir "aimer" la page Facebook d'Historicoblog (3) et à venir échanger avec moi et d'autres personnes régulièrement citées ici ! En outre, je relaie sur ma page les informations concernant les publications à venir, et d'autres liées à l'histoire militaire, ou à l'actualité.


Piet LEGAY, Ils étaient seize, Feu/72, Paris, Editions Fleuve Noir, 1976, 252 p.

Afrique du Nord. Le lieutenant Rockaway, qui s'est distingué au feu, reçoit l'ordre, du colonel Priwitt, de mener une mission spéciale derrière les lignes allemandes, pour préparer une nouvelle offensive britannique. Objectif : un transmetteur radio mobile essentiel aux communications de Rommel. Rockaway doit recruter un commando parmi une compagnie disciplinaire pour mener à bien la mission...

Livre acheté en même temps que ceux de la collection "Guerre" des éditions du Gerfaut. C'est le même genre mais peut-être en un peu mieux mené, tout de même. L'auteur s'est documenté un peu sur la guerre du désert, malgré quelques coquilles. En revanche, au niveau de la chronologie, on est un peu perdu : le texte parle de novembre 1942 alors qu'est évoqué une mission commando pour tuer Rommel... qui a bien eu lieu, mais un an plus tôt. Bref, c'est confus. Sur le fond, sinon, rien d'original, avec un scénario digne des 12 salopards.

A noter que l'auteur, Piet Legay (pseudonyme de Baudoin Chailley, né en 1939), a également signé, sous d'autres noms, de nombreux volumes dans la collection Guerre de chez Gerfaut.


jeudi 30 mai 2013

Supplément-Batailles et Blindés n°55 : Pershing vs Panther

Voici le supplément gratuit pour le dernier article paru dans Batailles et Blindés : un petit comparatif des deux adversaires du duel, Panther et Pershing, deux blindés conçus selon des besoins différents... le tout à partir de la bibliographie citée en fin d'article. Bonne lecture !


Le vaincu : le Panzer V Panther


Le Panther tire son origine de la rencontre des Allemands avec le T-34/76 soviétique pendant l'opération Barbarossa. Le T-34 surclasse alors tous les blindés de la Panzerwaffe, que ce soit en termes de mobilité, de fiabilité mécanique, de puissance de feu, ou de blindage, avec son inclinaison si caractéristique. A Mtsensk, en particulier, près d'Orel, la Panzergruppe 2 de Guderian et sa 4. Panzerdivision doivent affronter le T-34, non sans pertes, les 4-6 octobre 1941. Suite à l'engagement, Guderian demande à une commission spéciale de venir examiner un T-34 capturé. Entre les 18 et 21 novembre, des constructeurs de chars et des officiers d'état-major observent le véhicule. Guderian conseille de copier purement et simplement le T-34 pour pallier au retard allemand. Mais la commission rejette l'idée car il faudrait des alliages en acier et une fabrication de moteurs diesel qui surpassent les possibilités de l'industrie nazie. La commission conseille à la place d'améliorer le Panzer IV et le StuG III.

mercredi 29 mai 2013

Vidéo : Batailles et Blindés n°55-Et pour un Panther de plus... (duel à Cologne, 6 mars 1945)

Et voici la vidéo de présentation de mon dernier article sur le duel entre le Panther allemand et le Pershing américain devant la cathédrale de Cologne, le 6 mars 1945, immortalisé par l'US Signal Corps. J'ai bien sûr inséré dans la vidéo les images du duel et celles prises précédemment au moment de l'entrée des Américains dans la ville. Bon visionnage !

Publication : Pour un Panther de plus... (Batailles et Blindés n°55)

Nouvel article dans le doyen des magazines de Caraktère, Batailles et Blindés, pour son numéro 55. Intitulé "Pour un Panther de plus...", c'est en fait un bref aperçu du fameux duel entre un Pershing de la 3rd Armored Division et un Panther de la 9. Panzerdivision devant la cathédrale de Cologne, le 6 mars 1945, lors de l'entrée des Américains dans la ville.

J'analyse rapidement le duel, étant entendu que les sources sont étiques puisque l'équipage allemand a été en partie décimé et les témoignages des survivants a priori non recueillis, on ne peut donc que compter sur les témoignages américains (!).

Une vidéo de présentation, avec les non moins fameuses images du cameraman Jim Bates, et un supplément gratuit en ligne, comme d'habitude, suivront.

mardi 28 mai 2013

Andrew STACY, Torches au napalm, Guerre/87, Paris, Editions du Gerfaut, 1968, 217 p.

1944, Philippines. Une compagnie d'infanterie américaine débarque sur une petite île occupée par une faible garnison japonaise. Puoro, un Philippin au service de Franck Hussman, ancien planteur désormais l'amant de sa soeur Taormina, observe le débarquement et en fait part à son maître. Les Marines, débarqués sans opposition, voient bientôt venir à eux un émissaire japonais qui affirme être envoyé pour présenter la reddition de la garnison. Interloqués, les Américains se laissent néanmoins convaincre au vu des événements qui suivent. Mais les Japonais n'ont pas habitué les Marines à vouloir se rendre...

Dernier de la pile pour le moment, ce volume de la collection Guerre des éditions du Gerfaut évoque, cette fois-ci, la guerre du Pacifique. Le roman est apparemment inspiré des souvenirs du chirurgien militaire John Rusclauss, qui intervient directement dans la fiction. En ce qui concerne l'histoire principale, rien de bien neuf par rapport au ton général de la collection : les Américains, vaillants combattants de la liberté, se heurtent à la sournoiserie et au fanatisme des Japonais samouraïs -on se croirait en plein Buck Danny des premiers tomes...- qu'il ne reste plus qu'à éliminer au lance-flammes (d'où le titre).

Par contre, il y a un passage intéressant, lorsque Rusclauss évoque des anecdotes de son temps de services sur les sous-marins américains. Là, ça sonne déjà un peu plus vrai et cela permet également d'avoir un aperçu de cette guerre silencieuse restée relativement méconnue par rapport à la bataille de l'Atlantique et aux U-Boote. A noter quand même des réflexions originales sur la ségrégation aux Etats-Unis à travers l'image du vieux planteur de Géorgie.


Peter DAVIES, F-4 Phantom II vs MiG-21, Duel 12, Osprey, 2008, 80 p.

La collection Duel d'Osprey, lancée en 2007, compare deux machines opposées lors d'un conflit, de leur développement jusqu'à leur rencontre sur le champ de bataille. Dans ce volume de 2008, Peter Davies, spécialiste des appareils américains, signe son premier volume pour Osprey en mettant face-à-face le F-4 Phantom II de l'USAF et le MiG-21 de la VPAF pendant la guerre du Viêtnam. L'arrivée du MiG-21 dans les cieux nord-viêtnamiens en 1966 change en effet la donne pour l'USAF qui se retrouve face à un adversaire encore plus dangereux que les MiG-17 ou 19 déjà utilisés par Hanoï.

La partie Développement montre bien les différences de conception des deux appareils. Initialement le F-4 Phantom II est conçu pour la Navy, qui souhaite un intercepteur capable de protéger les porte-avions, d'où les deux réacteurs pour la survie de l'appareil. Le F-4 est pensé pour engager les avions ennemis avec des missiles air-air à guidage radar (d'où la présence d'un second membre d'équipage, l'opérateur radar) ou infrarouge, c'est pourquoi il est dépourvu de canons pour le combat rapproché. Son caractère sophistiqué le rend vulnérable au climat d'Asie du Sud-Est et les transmissions ne sont pas le point fort de l'appareil. Le MiG-21, au contraire, est un appareil rustique, destiné à être produit en grandes quantités : il compte sur sa vitesse et son taux de montée pour intercepter les bombardiers américains au missile ou les détruire en combat rapproché au canon.

Plusieurs versions du F-4 servent au Viêtnam, le C, le D et le E, enfin équipé d'un canon dans le nez. Le MiG-21, qui est l'un des appareils à réaction les plus fabriqués, avec sans doute plus de 10 000 exemplaires livrés, a été fourni par l'URSS à raison de peut-être 40 appareils par an. 13 des 17 as de la VPAF ont volé sur MiG-21. On trouve les versions C, D, F et J, ainsi que des versions d'entraînement biplaces.

Dès son entrée en service, en 1966, le MiG-21 est utilisé en conjonction avec les MiG-17 et MiG-19, en effectuant des interceptions à haute altitude. Côté américain, si certains pilotes de l'USAF sont des vétérans de la Corée ou de la Seconde Guere mondiale, la politique de rotation rapide des personnels produit, comme dans les forces terrestres, un manque d'expérience évident, d'autant que l'USAF n'entraîne plus ses pilotes au combat aérien rapproché. En face, les pilotes nord-viêtnamiens, servent plusieurs années, voire toute la guerre, et bénéficient d'une formation au dogfight par leurs instructeurs russes. Hésitants et malhabiles en 1966, ils forment un groupe beaucoup plus cohérent en 1972 lors des offensives Linebacker, un constat réalisé par les pilotes américains eux-mêmes. En outre, à ce moment-là, les effectifs sont passé à une centaine d'appareils en ligne. Ils sont su s'adapter et ont finalement réussi à tenir la dragée haute aux changements imposés par les Américains, y compris pendant les opérations Linebacker de 1972.

Frustrés au départ par leurs piètres résultats, les pilotes américains, confrontés au caractère erratique de leurs missiles, sont revigorés par l'opération Bolo du colonel Olds, en janvier 1967, conçue pour redorer le blason de la chasse américaine face aux MiG. Olds, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, craint d'ailleurs plus à ce moment-là les MiG-17 que les MiG-21. Mais ceux-ci apprennent et dès l'automne 1967, ils sont devenus beaucoup plus redoutables. Ils mettent au point de nouvelles tactiques pour contrer la supériorité américaine.

L'efficacité des MiG-21 tient d'abord à un bon contrôle radar depuis le sol, et à l'inexpérience des pilotes américains en combat aérien et aux défaillances de leurs missiles. Après Bolo, les MiG-21 réduisent leur désavantage dans le ratio de pertes avec leurs nouvelles tactiques, jusqu'à l'arrêt de Rolling Thunder en 1968. L'échec viêtnamien pousse l'USAF, après le conflit, à développer de nouvelles structures de commandement et de contrôle, de nouveaux programmes d'entraînement (Red Flag) et de nouveaux appareils (F-16 et surtout F-15), des changements qui montreront leur efficacité pendant la guerre du Golfe. 

Pourvu d'une bibliographie, et malgré une petite erreur dans le texte (confusion entre Linebacker I et Linebacker II), ce volume Duel est un bon ouvrage d'introduction au sujet mais n'apportera rien au connaisseur. Ce format ne peut en effet remplacer des livres plus conséquents comme celui de Mitchell sur les combats aériens au-dessus du Nord-Viêtnam.


lundi 27 mai 2013

Vidéo : le modèle mandchourien (L'autre côté de la colline)

Le prochain article que je mettrai en ligne sur le blog L'autre côté de la colline portera sur le "modèle mandchourien" de l'Armée Rouge. L'article m'a été inspiré par le livre de Jacques Sapir, La Mandchourie oubliée, et par la question d'un commentateur anonyme sur ce sujet rapidement survolé dans l'ouvrage en question. Voici donc, à partir des sources de Jacques Sapir et d'une ou deux autres récupérées au passage, un aperçu du "modèle mandchourien" de l'Armée Rouge.


Kid TOUSSAINT et José Maria BEROY, A l'ombre du convoi, tome 1 : Le poids du passé, Casterman, 2012, 48 p.

Belgique, dans la nuit du 12 au 13 novembre 1943. Un train de déportés parti de Bruxelles s'arrête sur la voie. A bord, Olya van Horn, une Juive allemande jusque là réfugiée en Belgique. Elle se remémore les événements qui l'ont conduite jusqu'au train, depuis sa ville natale de Hambourg, dix ans auparavant...

A l'ombre du convoi est une BD en deux tomes, inspirée d'un fait authentique : dans la nuit du 19 au 20 avril 1943, le convoi n°20 de déportés, transportant 1 600 personnes, est stoppé en pleine campagne grâce à un feu rouge factice, et trois résistants parviennent à faire descendre plus de 230 personnes des wagons.

Le récit est centré sur le parcours de plusieurs personnages : dans le tome 1, ce sont Olya et Wilhem Maier. Olya incarne le calvaire subi par les Juifs en Allemagne, avec la montée du nazisme et l'arrivée au pouvoir d'Hitler, d'autant plus que son père, Juif et libraire, est marié à une femme allemande. Wilhem, lui, qui fait partie de l'escorte du convoi de déportés, est un peu le symbole de ces "hommes ordinaires" décrit par Christopher Browning et qui participe à la Shoah.

Graphiquement, c'est plutôt réussi, les cases attirent l'oeil. On peut être un peu dérouté par les flash-back spatiaux et chronologiques, mais on s'y retrouve assez bien. Un bon premier tome qui encourage la lecture du second.



dimanche 26 mai 2013

Karl STERBERG, Les compagnons de la haine, Guerre/99, Paris, Editions du Gerfaut, 1968, 219 p.

Après quelques jours d'absence liés à l'écriture d'un bon dossier pour un magazine, sur un sujet passionnant (à suivre prochainement), poursuite des lectures des romans de guerre aux éditions Gerfaut.

Celui-ci est signé Karl Sterberg, dont il y a fort à parier que c'est un pseudonyme (est-ce le fameux Enrique Sanchez Pascual, qui signe une bonne partie des romans de guerre de la collection ? Ce nom-là ne figure pas dans les pseudonymes listés que j'ai pu dénicher sur le net).

Cette fois-ci, l'action se déroule en janvier 1945, lors de l'offensive soviétique Vistule-Oder et en Prusse-Orientale. Le quatrième de couverture situe l'action dans cette dernière province alors qu'au fil du récit, on a en fait plus l'impression de se trouver en Pologne, plus au sud, au moment de l'anabase des troupes allemandes dépassées par l'Armée Rouge qui fonce sur l'Oder. De toute façon la localisation reste assez floue, ce qui fait partie du genre.

Ce qui en fait partie aussi, ce sont les clichés qui s'accumulent au fil des pages : déchaînement de violence et autres exactions de la part de l'Armée Rouge, réduite à une horde de Mongols caracolant à cheval et maniant le couteau comme personne (sic), en particulier pour égorger les Allemandes violées ; opposition entre les "gentils" de la Wehrmacht et les Waffen-SS fanatisés et leurs comparses de circonstance, des Hitlerjugend tout aussi mécaniques dans leurs réactions ; enfin, la brutalité ambiante, où l'on viole et exécute à tours de bras, comme le fameux passage où le capitaine SS envoie les prisonniers soviétiques dans les champs de mines pour faire passer ses camions. Avec au passage une sévère critique des "faisans dorés" du parti nazi, des civils poltrons, et des Polonais. La conclusion du livre laisse d'ailleurs un peu dubitatif.

En voilà un de la série que l'on peut facilement ranger dans le Panzerporn et oublier très vite.


jeudi 23 mai 2013

John T. WALSH, Tireurs d'élite, Guerre/41, Paris, Editions du Gerfaut, 1966, 177 p.

1945, Allemagne. Le soldat américain Lee Lorelli abat avec son fusil M1 un sniper allemand particulièrement doué qui décimait sa section. Récupérant le Mauser du sniper allemand, Lorelli se retrouve désormais à jouer les tireurs d'élite pour le lieutenant Howell. Mais où donc Lorelli a-t-il appris à tirer ? Mystère... pas pour longtemps.

Encore un petit tome des éditions Gerfaut, avec ses récits de guerre éculés mais qui ont le mérite de la simplicité. Ici, nous voilà du côté américain, avec l'histoire d'un sniper en devenir à la fin de la guerre, lors de la poussée en Allemagne, qui n'est autre qu'un tueur à gages de la pègre parti dans l'armée pour échapper à la justice américaine. Rien de très original, mais ça prend bien.

Comme dans Le feu de l'enfer, ça tire de partout, mais les scènes d'action sont entrecoupés de flash-back où Lorelli raconte comment il en est venu à aimer les armes à feu et à devenir tireur d'élite. La peinture des soldats allemands, et en particulier des Waffen-SS, est très sombre, mais l'auteur n'épargne pas le camp américain et les déprédations qui ont pu être commises dans les dernier mois de la guerre. Les combats ont d'ailleurs été, en Allemagne de l'Ouest, beaucoup plus durs que ce que l'on pense généralement, même si on ne peut bien sûr pas faire la comparaison avec le front de l'est.

A noter qu'en fin de volume, les éditions du Gerfaut proposent le premier chapitre du roman de guerre Les canons de Sébastopol, de Boris Orloff, qui a dû sortir juste après dans la même collection.

mardi 21 mai 2013

Boris ORLOFF, Le feu du diable, Guerre/8, Paris, Editions du Gerfaut, 1964, 219 p.

Décembre 1942. Alors que la 6. Armee de la Wehrmacht est encerclée dans Stalingrad après l'opération Uranus, la contre-offensive soviétique, le sergent Skribine et son comparse Anton Sassarov mènent leur escouade dans les ruines de la ville, face aux Allemands pris au piège. De péripétie en péripétie, ils participent à tous les coups de main jusqu'à la reddition finale de Paulus et de ses hommes...

Les éditions Gerfaut ont publié, de 1964 à 1985 environ, quantité de ces petits ouvrages de poche dans leur collection "Guerre". Rien de très nouveau, donc, mais j'en ai acquis plusieurs chez un bouquiniste récemment et j'ai voulu voir si mon souvenir était correct, car il m'était déjà arrivé d'en lire un ou deux précédemment.

J'ai donc commencé, une fois n'est pas coutume, par un volume traitant du côté soviétique -car souvent, la collection tombe dans le "Panzerporn", avec un penchant très net en faveur des Allemands, voir au sens littéral du terme avec des scènes bien crues. Avis aux amateurs (lol). Point de tout ça ici puisque l'on suit dans ce livre, qui est l'un des premiers tomes de la collection, le parcours de frontoviki de l'Armée Rouge, sous la plume de Boris Orloff (?), avec dès la première page, la mention indispensable : "Roman de guerre". Ouf, nous sommes sauvés, on n'essaie pas de faire croire au lecteur qu'il s'agit de l'histoire avec un grand H...

L'avantage de ce genre de romans, c'est que ça se lit très bien et très vite : de l'action partout, à la PPSh-41, au lance-flammes, à la crosse de fusil et au T-34, sans pause ou presque. Ce qui me change accessoirement, en ce moment, de lectures plus sérieuses. On note quand même que l'auteur a choisi de nous raconter les tribulations de soldats soviétiques qui mènent l'assaut depuis l'intérieur de Stalingrad après Uranus, et non pas depuis l'extérieur de la ville, ce qui n'est pas banal. Pour le reste, rien de très original, avec pas mal de poncifs, mais je vous laisse découvrir tout ça...

lundi 20 mai 2013

L'autre côté de la colline : Les MiG-29 au combat

C'est l'article que propose Adrien Fontanellaz pour le troisième et dernier billet sur notre blog collectif, pour le mois de mai. Il compare la performance du MiG-29 au combat à partir de trois exemples analysés et mis en relation. Passionnant.

L'occasion aussi de signaler que, malheureusement, les articles du blog sont déjà repris par des blogs d'extrême-droite, ou manifestant des prises de position conspirationnistes, etc. C'est également arrivé pour Historicoblog (3) et je le déplore. Inutile de préciser que les trois contributeurs de L'autre côté de la colline ne relèvent ni de l'extrême-droite, ni des théories conspirationnistes : ces articles ont d'ailleurs été repris tels quels sans que l'on nous demande notre avis. A toute fin utile, une petite mise au point a été ajoutée par Adrien sur L'autre côté de la colline... pour les amateurs.

Duncan CAMPBELL, Adam HOOK, Ancient Siege Warfare. Persians, Greeks, Carthaginians and Romans 546-146 BC, Elite 121, Osprey, 2005, 64 p.

Duncan B. Campbell, diplômé de l'université de Glasgow, est un un spécialiste de la poliorcétique grecque et romaine. Dans ce volume de la collection Elite des éditions Osprey, il nous propose un bref aperçu de la guerre des sièges dans l'Antiquité, entre 546 et 146 av. J.-C. .

Partant des Perses achéménides, il commence par rappeler quelques grandes lignes sur la poliorcétique antique. L'assiégeant a alors recours aux échelles pour escalader les murs, aux rampes d'assaut pour les dominer, aux béliers, mais peut aussi miner les remparts ou creuser des tunnels, se servir de la trahison ou instaurer un blocus. Campbell consacre une analyse particulière aux traces laissées par le siège de Palaepaphos, à Chypre, en 499 av. J.-C., île qui s'était révoltée contre les Perses après l'Ionie. Il est possible que les Achéménides aient utilisé des tours de siège, sans doute des béliers, mais la présence d'une artillerie fait encore débat.

Dans la Grèce classique, l'art du siège n'est pas très élaboré ; les Athéniens recourent fréquemment au blocus terrestre ou amphibie, avec lignes de fortifications, sous la Ligue de Délos, pour soumettre des villes ou des îles révoltées (Thasos, Samos). C'est encore la même tactique qui est employée pendant la guerre du Péloponnèse : en Sicile, devant Syracuse, les Athéniens échouent à encercler complètement la cité avec leurs murs, ce qui entraîne la défaite. Les Spartiates, eux, ne recourent à cette même technique qu'à partir du IVème siècle.

C'est en Sicile que l'art du siège se renouvelle quelque peu. Les Carthaginois, en 406, emploient massivement béliers et tours d'assaut pour s'emparer des cités grecques ; mais ce ne sont pas eux qui ont inventé les béliers couverts, contrairement à une légende propagée par les sources antiques, car les Assyriens employaient déjà des béliers. En réaction, le tyran de Syracuse fait construire lui aussi des tours d'assaut. Le traité d'Enée le Tacticien s'attache surtout aux moyens de prévenir les trahisons et de contrer les sapes.

Philippe II de Macédoine est le premier à employer massivement un corps d'ingénieurs qui met à sa disposition des catapultes. Alexandre le Grand mène pendant ses campagnes toute une série de sièges, avec quantité de machines (Milet, Tyr) ou en privilégiant des voies plus directes (Thèbes). Les Macédoniens utilisent des béliers, des abris couverts, des tours d'assaut et des catapultes tirant des flèches ou des pierres. Les diadoques héritent de cet art, même si le plus connu pour ce faire, Démétrios Poliorcète, a en fait échoué devant Rhodes, avec une énorme tour d'assaut (hélépole) neutralisée par les défenseurs.

Les Romains, au IVème siècle, n'en sont alors qu'aux débuts de la poliorcétique, comptant surtout sur le blocus et l'assaut direct en utilisant parfois la tortue pour enfonce les portes. Le traité de Philon de Byzance, à la fin du IIIème siècle, montre que l'assiégé doit s'attendre à l'emploi de nombreuses machines par l'assiégeant. Hannibal emploie de nombreuses machines contre Sagonte, en 219, avant d'en aligner aussi beaucoup lors de certains sièges en Italie. Les Romains ont encore recours, pendant la deuxième guerre punique, à l'assaut direct (Syracuse) ou au blocus. Carthage est soumise au blocus avant d'être prise d'assaut par Scipion Emilien en 146. Le roi de Macédoine Philippe V, lui, n'hésite à pas à employer une machinerie sophistiquée pour assiéger certaines cités. Comme le rappelle l'auteur en épilogue, les villes assiégées qui offrent une quelconque résistance s'expose, si elles tombent, à un pillage en règle et à de nombreuses destructions et exactions de la part des soldats vainqueurs.

Une bibliographie indicative est fournie, peut-être un peu courte. De même, le format de la collection empêche que certains exemples de sièges soit davantage analysés. Les illustrations d'Adam Hook -ci-dessous, le siège de Tyr-, en pleine page, sont agréables mais manquent peut-être un peu de dynamisme : cependant, elle traite parfois de sièges peu connus, ce qui est un plus. En somme, un ouvrage idéal pour s'initier au sujet, mais il ne faut pas en demander davantage.



 

samedi 18 mai 2013

Charles PERSONNAZ, Venizélos. Le fondateur de la Grèce moderne, Paris, Bernard Giovanangeli Editeur, 2008, 191 p.

Depuis 2001, Bernard Giovanangeli Editeur inonde le marché français de titres (une quinzaine par ans) portant sur l'histoire militaire, au sens large, bien qu'on y trouve beaucoup d'ouvrages consacrés à l'histoire des guerres napoléoniennes, centre d'intérêt principal de l'éditeur. La collection Biographie compte déjà une dizaine de parutions dont celle-ci, dédiée à Venizélos, un personnage important de l'histoire de la Grèce contemporaine. L'auteur, Charles Personnaz, qui travaille pour le ministère de la Culture, prépare une thèse sur les relations entre la France et la Grèce dans les années 20. Curieusement il a aussi signé dans la même collection une biographie d'Alexandre le Grand. Intérêt pour l'histoire grecque, donc, mais sur des périodes très éloignées chronologiquement : l'on en en droit, de prime abord, de s'interroger sur le contenu.

En fait, l'ambition de Charles Personnaz reste fort modeste, comme il le présente dans l'introduction : fournir une biographie courte et appuyée sur quelques références bibliographiques solides d'Eleutherios Vénizelos, et plus généralement intéresser le public français à l'histoire de la Grèce contemporaine, et non pas seulement à celle de la Grèce antique.

Après un rapide tour d'horizon de la "question d'Orient au XIXème siècle" et de la situation du pays jusqu'en 1864, année de naissance de Venizélos, Charles Personnaz revient sur l'enfance crétoise du personnage, marquée par l'occupation ottomane, jusqu'à son entrée en politique. Venizélos, fin politique, est de tous les combats, par la parole ou par les armes, qui conduisent au rattachement progressif de la Crète à la Grèce, jusqu'en 1897-1898. Figure politique dominante de la Crète, Venizélos n'hésite pas à appuyer un mouvement révolutionnaire, en 1905, pour faire abdiquer le prince Georges et aboutir au rattachement de l'île à la Grèce. Il a également expérimenté sa politique en Crète, ce qui lui sera fort profitable pour les responsabilités qu'il exercera en Grèce plus tard.

1908 est une année importante : les Jeunes Turcs prennent le pouvoir dans l'Empire ottoman, la Grèce se sent menacée. Venizélos, patient, attend son heure, ne se compromet pas dans les luttes de pouvoir : en 1910, il devient Premier Ministre. Pour servir le dessein de la "Grande Idée" bâtie au XIXème siècle, le rattachement au pays de tous les endroits où se trouvent des Grecs, Venizélos s'attache à la paix sociale : réforme de l'éducation, de l'agriculture, réduction de la crise économique, emprunts pour reconstruire une armée et une flotte, avec l'aide des Français et des Britanniques. En 1912, allié à la Bulgarie, à la Serbie et au Monténégro, Venizélos jette la Grèce contre les Turcs. La victoire est totale mais entachée par la disparition du roi Georges, assassiné. L'année suivante, les vainqueurs se déchirent entre eux, et la Bulgarie en fait les frais. Venizélos prêche cependant la modération, car les gains sont conséquents : la Grèce a doublé sa superficie et quasiment sa population avec les guerres balkaniques.

Le déclenchement de la Première Guerre mondiale voit la Grèce séparée en deux camps : Venizélos, plutôt pro-allié, s'oppose au roi Constantin XII et à ses partisans qui penchent en faveur de l'Allemagne. Le Premier Ministre démissionne finalement début 1915, mais revient rapidement sur la scène politique d'autant que les premières troupes alliées débarquent à Salonique en septembre. Il faut le coup de forces d'août 1916 pour que les soldats grecs participent véritablement aux combats du côté allié. Venizélos, replié en Crète, rejoint les insurgés de Salonique, qui rebâtissent une armée, créent un gouvernement provisoire. Il faut l'intervention d'un corps expéditionnaire français pour prendre Athènes en décembre, assaut que l'on a parfois qualifié de "vêpres athéniennes". Les ralliements se multiplient et le roi Constantin abdique en juin 1917. Venizélos mène ensuite une sévère épuration.

Venizélos, soutenu par Lloyd George, a rebâti une armée avec l'appui français. Les troupes grecques sont engagées en avril 1918. Attaché à la Grande Idée, Venizélos séduit les gouvernements européens, envoient des troupes grecques combattre les bolcheviks dans le sud de la Russie, et parvient à faire débarquer ses soldats en Asie Mineure en mai 1919. Soutenu par l'Angleterre, face à une France plus réticente, Venizélos voit ses annexions confirmées par le traité de Sèvres en 1920. Mais la Grèce est exsangue, Mustapha Kemal et les nationalistes surgissent sur les ruines de l'Empire ottoman, et l'Angleterre souhaite stabiliser leur emprise pour contrer les bolcheviks. Battus sévèrement une première fois en 1921, les Grecs sont chassés d'Asie Mineure en août-septembre 1922. Les négociations, après l'armistice d'octobre, durent 8 mois : le traité de Lausanne aboutit à un compromis et prévoit notamment un transfert des populations grecques et turques, ce qui désamorce de potentiels conflits pour l'avenir. La République est proclamée en Grèce en 1924, suivie d'une série de coups d'Etats. Venizélos quitte le pouvoir, puis revient en 1928. Mais, devenu autoritaire, il ne réussit pas complètement à redresser le pays, malgré la réconciliation avec la Turquie : il est définitivement battu aux élections de 1933. Forcé à l'exil après un dernier coup d'Etat raté qu'il a soutenu, il meurt à Paris le 18 mars 1936.

Si les grandes lignes du personnage sont bien tracées comme une tragédie grecque (en ce sens le pari défini dans l'introduction est réussi), peut-être un peu trop, d'ailleurs, le format du livre empêche d'exploiter à fond les références récentes citées p.187 et qui auraient permis de muscler le propos sur les dimensions sociales, économiques et politiques -sans parler de celle militaire- qui restent effleurées. Une lecture brève et agréable, donc, mais qui mérite d'être creusée par des ouvrages beaucoup plus consistants. On note aussi la présence d'une unique et trop solitaire carte au début du livre et l'absence d'illustrations.

  

 

jeudi 16 mai 2013

Patrouilleur 109 (PT 109) de Leslie H. Martinson (1963)

1943. Le lieutenant John F. Kennedy (Cliff Robertson) joue de l'influence familiale pour se faire affecter à une unité combattante dans le Pacifique. Membre de l'US Navy, Kennedy est affecté à une unité de vedettes lance-torpilles stationnée à Tulagi, dans les îles Salomons. Il fait connaissance avec un des officiers de l'unité en débarquant, le Commander Ritchie (James Gregory), un vieil officier de carrière qui a servi sur un destroyer pendant la Grande Guerre mais sans connaître le feu. Pour mettre Kennedy à l'épreuve, Gregory lui donne une vedette, le PT 109, laissée à l'abandon car en trop mauvais état. Kennedy relève le défi et parvient à remettre à flot le bateau, obtenant bientôt le droit de participer à des missions de combat...

Patrouilleur 109, sorti en juin 1963, cinq mois avant l'assassinat du président Kennedy à Dallas, est le premier film à aborder la vie d'un président américain en exercice. John F. Kennedy a en effet servi pendant la guerre du Pacifique sur la vedette lance-torpilles PT 109.

C'est le père de Kennedy, producteur et directeur de la RKO, qui a négocié l'adaptation de la biographie de son fils à l'écran. Kennedy a personnellement choisi l'acteur qui l'incarne à l'écran, Cliff Robertson, et a souhaité que les bénéfices aillent aux survivants du PT 109 et à leurs familles. Le réalisateur, Martinson, a dû remplacer au pied levé Lewis Milestone, habitué des films de guerre, qui a été remercié en plein tournage. Le tournage en Floride, avec le recours à de nombreux bâtiments de guerre et autres matériels, a donné naissance à des rumeurs de préparatifs américains d'une invasion de Cuba (!). Il a fallu créer de toute pièce ou reconvertir des patrouilleurs d'autres types car plus aucun modèle ayant servi dans le Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale n'était disponible. Des AT-6 incarnent, comme souvent, les Zéros japonais. On note la présence d'un LST, d'un destroyer américain, le USS Saufley, et d'une myriade de navires plus petits. 

Le PT-109 fait partie de la classe PT-103 construite par Elco pendant la guerre et le navire entre au service actif le 10 juillet 1942. Ce sont les plus grandes vedettes lance-torpilles de l'US Navy mises en oeuvre pendant la guerre, avec 24 m de long et 40 tonnes de déplacement. L'équipage se compose en théorie de 3 officiers et 14 matelots. Les vedettes lance-torpilles doivent profiter de leur vitesse pour mener leurs attaques, mais comme le conflit impose des réductions de maintenance sur la coque, elles sont parfois plus lentes que les destroyers ou croiseurs japonais qu'elles doivent attaquer. En outre, les torpilles ne sont pas efficaces contre les barges japonaises fréquemment visées. Enfin, le carburant d'aviation utilisé pour les moteurs rend toute explosion très dangereuse. Les PT comptent donc sur l'obscurité, la manoeuvre et la vitesse pour mener leurs assauts brusqués. Elles embarquent un canon de 20 mm et des mitrailleuses de 12,7 mm. La PT 109 improvise aussi un montage spécial avec un canon antichar de 37 mm récupéré sur l'US Army. 

Kennedy, en dépit de problèmes de dos, parvient, en jouant de ses relations familiales, à suivre la formation d'officier et à se faire affecter dans le Pacifique. En avril 1943, il arrive à Tulagi au MTB Squadron 2 et prend bientôt le commandement du PT 109. Le 30 mai, les unités font mouvement vers les îles Russell en prévision de l'attaque sur la Nouvelle-Géorgie. Le 16, elles sont basées à Rendova pour mener des attaques nocturnes contre les barges japonaises apportant des renforts et pour signaler les incursions du Tokyo Express. Le 1er août, après l'attaque de la base par 18 appareils japonais, les PT sortent attaquer à la torpille un convoi de destroyers, sans succès. Patrouillant dans le secteur pour détecter des navires japonais, la PT 109 est coupée en deux, à 2h00 du matin, le 2 août, par le destroyer japonais Amagiri qui fonce sur elle à pleine vitesse, entre Kolombongara et Arundel. 2 hommes sont tués dans le choc, et les autres parviennent, sous les ordres de Kennedy, à gagner une île à l'abri des Japonais qui occupent le secteur. Le naufrage a été repéré par un Australien chargé de la surveillance côtière, Evans. Les survivants restent six jours à attendre puis se présentent des indigènes qu'Evans a envoyés à leur rencontre. Après avoir réussi à s'identifier, les Américains écrivent un message de détresse sur une noix de coco. Finalement, les hommes du PT 109 sont récupérés, après que Rendova ait été informé, par le PT 157.

L'incident fait de Kennedy un véritable héros de guerre, ce qui servira à l'occasion sa carrière politique. L'épave du PT 109 a été localisée en 2002. Kennedy conservera la noix de coco et la fait mettre sous glace sur son bureau à la Maison Blanche, pendant son mandat.