mardi 23 octobre 2012

Lifeboat (1944) d'Alfred Hitchcock

Atlantique Nord, pendant la Seconde Guerre mondiale (sans doute après le 7 décembre 1941, puisque les Américains sont déjà entrés en guerre). Un navire est torpillé par U-Boot avant que celui-ci ne soit lui même coulé. Plusieurs membres de l'équipage et quelques civils se regroupent dans un canot de sauvetage : le matelot Sparks (Hume Cronyn), l'infirmière Alice McKenzie (Mary Anderson), la journaliste Constance Porter (Tallulah Bankhead), le matelot Gus Smith (William Blendix), le matelot John Kovac (John Hodiak) et l'entrepreneur Charles D. Ritt (Henry Hull), notamment. Les survivants recueillent un rescapé de l'U-Boot, Willi (Walter Slezak), qui nie être un officier. Kovac, d'origine tchécoslovaque, veut jeter l'Allemand à l'eau mais les autres survivants parviennent à le raisonner. Les passagers du canot, malgré la guerre, vont devoir s'entendre pour tenter de survivre à l'épreuve du naufrage...


Pour ce film, Hitchcock a fait appel à John Steinbeck, qui s'est chargé du scénario. Comme souvent, le réalisateur apparaît dans le film, bien qu'ici la performance soit rendue difficile par l'espace réduit du canot. Hitchcock se présente en fait sous la forme d'une photographie pour une publicité sur le journal qui se trouve à bord (pour un remède amaigrissant !). Le film a fait débat : réalisé pendant la Seconde Guerre mondiale, on lui a reproché de trop glorifier le personnage allemand au détriment des Américains et des Britanniques. Hitchcock, au contraire, a répondu avoir voulu bâtir un nazi tenace pour accroître le mérite des autres passagers qui doivent lutter contre lui, et montrer qu'on ne peut avoir confiance en un nazi, même d'apparence affable. Il plaide aussi pour l'entente entre les Alliés, en mettant en scène de nombreux débats entre les survivants anglo-américains. Autre reproche : le personnage afro-américain, que l'acteur Canada Lee tente d'infléchir, car il l'estime, sans doute à raison, un peu trop caricatural. C'est le premier film en milieu confiné d'Hitchcock, qui a voulu le tourner essentiellement en studio -ce qui engendra nombre de maladies en raison des quantités d'eau utilisées et des chutes de certains acteurs dans le bassin de tournage. Peu plébiscité à sa sortie en raison des problème mentionnés ci-dessus, ne s'inscrivant pas vraiment dans le cinéma de propagande, Lifeboat est pourtant bien un appel à l'unité des Alliés contre la machine bien huilée (suppose-t-on) du nazisme.

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