lundi 28 mars 2011

Absent jusqu'au vendredi 1er avril...

... et ce n'est pas un poisson. Pour raisons professionnelles, le blog sera donc inactif durant la semaine. La chronique quotidienne sur les opérations aériennes en Libye s'arrête donc pour un temps...

La reprise à suivre !

dimanche 27 mars 2011

Odyssey Dawn : 27 mars 2011

Le septième jour de l'opération, hier 26 mars, aura vu les Américains intervenir pour un appui tactique de jour, alors que jusqu'ici les F-15E et les AV-8B Harriers II des Marines avaient frappé plutôt de nuit et à haute altitude, attendant que le système de défense anti-aérien libyen soit neutralisé par les bombardements de la coalition. Maintenant que cette dernière condition est quasiment réalisée, les AC-130U arrivés à Sigonella (4th Special Operations Squadron "Ghostriders", 16th Special Operations Wing) ont rempli leurs premières missions d'appui au sol et les A-10 arrivés à Aviano vont certainement suivre dans la même voie. Les missions SEAD ont été intensifiées hier matin avec des paires de F-16 et d'EA-18G Growler prenant l'air depuis Aviano, en partie pour protéger les autres appareils attaquant la base de Sabha, où des massacres de civils par les troupes e Kadhafi étaient rapportés.










 Un Su-22M libyen. Un appareil avait été perdu en février quand un pilote s'était volontairement éjecté, refusant de bombarder les révoltés.

A Deci, les F-16 néerlandais se préparent pour leurs premières missions dans le cadre d'Odyssey Dawn. Un pont aérien impliquant 1 An-124 et 1 KDC-10 assurent l'acheminement du matériel sur la piste de Cagliari, celle de Deci étant trop étroite pour accueillir les avions cargos. Cette nuit, les F-16 norvégiens ont attaqué une base aérienne libyenne. D'après le renseignement américain, les troupes loyalistes de Kadhafi placeraient les cadavres de civils abattus sur les sites de frappes aériennes pour faire croire à des bavures des appareils de la coalition...

25 mars 2011 : un Rafale F3 est catapulté sur le pont du Charles De Gaulle (EMA/Marine Nationale).

Les avions français continuent à opérer dans la région de Misrata et dans celle de Zintan. Un Hawkeye, un E-3F et 4 C-135 ravitailleurs étaient en soutien des appareils engagés. Les patrouilles de Rafales, de Mirages 2000-D et de Super Etendard Modernisés ont détruit un dépôt de munitions et des véhicules blindés. Le Qatar, dont maintenant 4 Mirages 2000-5  supplémentaires sont déployés sur la base de Suda, a effectué encore une fois une mission conjointe avec la France. A Suda sont désormais présents 6 Mirages 2000-5 qataris et 3 Mirages 2000-5 français.

D'aucuns se demandent si la zone d'exclusion aérienne ne pourrait être assurée par des drones américains combinés à des systèmes de surveillance maritime comme l'Aegis américain. Le drone MQ-9 Reaper, version améliorée du drone Predator. Armé de missiles air-air Sidewinder, le Reaper s'avèrerait relativement maniable face à des hélicoptères de combat, et difficile à cibler pour des jets. En décembre 2002, un Predator avait réussi à tirer un Sidewinder sur un MiG-25 irakien avant d'être abattu par ce dernier. Quant au système Aegis, il assure la protection anti-aérienne des destroyers et des croiseurs modernes de l'US Navy. Etant donné que la population libyenne se concentre essentiellement sur la côte, la marine de guerre américaine serait en mesure d'assurer une partie de la couverture aérienne. Tout cela pour économiser les vies en pilotes et les coûts induits par une opération aérienne de grand style. Mais un drone ne remplace pas le facteur humain : le système Aegis du croiseur USS Vincennes avait abattu un charter iranien, en 1988, croyant avoir affaire à un chasseur F-14 Tomcat...






Pendant ce temps, un certain nombre de spécialistes commence à s'inquiéter de la présence discrète, parmi les insurgés libyens, d'islamistes radicaux, peut-être pour partie liés à Al Qaïda au Maghreb Islamique. On annonce aussi que la mise à sac des dépôts de l'armée de Kadhafi auraient permis à ceux-ci de récupérer des missiles sol-air...étonnant renversement de situation : après avoir longtemps soutenu le régime dictatorial de Kadhafi qui maintenait sous pression les islamistes, la coalition est peut-être en train de favoriser indirectement la montée en puissance de ceux-ci par ses frappes aériennes.

L'une des cibles récentes des frappes de coalition a été le lanceur SCUD, dont la Libye ne s'était pas complètement séparée après son revirement de 2004 sur les armes de destruction massive. Un lanceur avait été observé dans une parade du régime en 2009, et un autre a été capturé par les insurgés le 22 février dernier près de Benghazi. On suppose que les Libyens alignaient, avant les événements récents, 40 lanceurs FROG-7 de 70 km de portée, mais on ignore le nombre réel de lanceurs SCUD. Bien que l'arme soit imprécise, Kadhafi n'avait pas hésité à en tirer deux ou trois contre l'île de Lampedusa, heureusement tombés dans la Méditerranée, après les frappes aériennes américaines d'avril 1986.



Xavier NIEL et Dominique ROUX, Les 100 mots de l'Internet, Que-Sais-Je, Paris, PUF, 2010, 128 p.

En France, comme partout dans le monde, la formidable révolution de l'Internet a commencé au milieu des années 90. Ce média est devenu celui ayant connu la plus forte croissance de toute l'histoire des moyens de communication. Et ce pour une raison simple : contrairement à ses prédécesseurs, il n'est pas seulement un moyen de réception des informations, mais aussi un moyen d'en émettre et d'en diffuser (quel meilleur exemple que ce blog !). Cette interactivité est à l'origine de nouveaux comportements et de nouvelles relations entre les êtres humains, de nouveaux fonctionnements dans les entreprises. L'Internet a profondément modifié l'accès au savoir et a même suscité ses propres langages. On est ainsi passé d'un besoin d'information au besoin de communication. En 2008, la France à elle seule comptait plus de 32 millions d'internautes. Les Français passent en moyenne 12 heures par semaine sur le web. Ce média s'est substitué aux autres, en particulier chez les plus jeunes, comme principal moyen d'information. Mais Internet attire aussi les plus âgés. Il est devenu, pour beaucoup, un outil quotidien indispensable. Recherche d'informations, messagerie électronique et réseaux sociaux sont les plus grandes activités des internautes à travers la planète. Internet est aussi de plus en plus le lieu du divertissement. Par ailleurs, l'accès sera de plus en plus portable, en particulier dans les pays émergents. Quel sera l'avenir ouvert par ce média en expansion ? D'un réseau global, bon marché et à très haut débit, au virtuel dans la vie quotidienne, à des limites plus physiques que géographiques, à la suprématie non vérifiée de l'anglais, à la fin de la privée jusqu'à un monde dual, les scénarios sont légion.

Les 100 termes importants de ce Que-Sais-Je sont classés par chapitres thématiques. Au-delà de l'intérêt d'un dictionnaire des termes importants de l'Internet, il faut se rappeler que le média évolue vite, et que cette nouvelle édition conserve les données de 2008-2009, qui peuvent être désormais dépassées. Xavier Niel, l'un des deux auteurs, est par ailleurs lié directement à Free, le fournisseur d'accès Internet, ce qui peut aussi orienter certaines définitions... Quant à Dominique Roux, universitaire et dirigeant d'entreprise, il est également très lié aux hautes sphères de l'économie et de la politique (c'est le père de Valérie Pécresse). Le point de vue présenté dans le livre est peut-être donc à compléter par d'autres, quelque peu différents.

samedi 26 mars 2011

Odyssey Dawn : 26 mars 2011

Etant donné que l'aviation et le système de défense anti-aérien libyen sont désormais quasiment hors de combat, les avions de la coalition internationale frappent désormais des cibles d'opportunité, et en particulier les chars et véhicules blindés, ainsi que d'autres équipements lourds, massés autour de la ville d'Ajdabiyah, que les insurgés ont pu réinvestir aujourd'hui grâce au soutien aérien mis en oeuvre dans l'opération Odyssey Dawn. Les appareils français et britanniques ont mené de nombreuses missions de ce type aux premières heures du 25 mars.






 26 mars 2011 : les rebelles libyens sur la carcasse d'un T-72 de Kadhafi détruit par les frappes aériennes de la coalition, après la recapture de la ville d'Ajdabiyah (AP).

De retour de mission sur une cible prédéfinie, un flight de 2 Tornados GR4 du 906th Expeditionary Air Wing (le groupe rassemblé par les Britanniques à Gioia del Colle), s'en est pris à des véhicules blindés dans le secteur, couvert par une patrouille de Typhoons et un E-3D AWACS. Exploitant les données collectées par les RAPTOR (pods de reconnaissance montés sur les Tornados), ils ont tiré une salve de missiles Brimstone sur un groupe de chars T-72 et en ont détruit 3. Le Brimstone est un missile antichar "fire and forget" développé par MBDA. A court de carburant, les Tornados ont été ravitaillés par un VC-10 tandis qu'une autre patrouille de la coalition, sans doute française, détruisait 3 chars de plus. Les Britanniques ont ensuite détruit un autre blindé par un second tir de missile. Dans la région de Misrata, trois autres véhicules blindés ont été détruits par les Tornados.





Un Tornado GR4 de la RAF ravitaillé en vol par un Tristar du 216th Squadron (Ministère de la Défense britannique).

Pour l'instant, cependant, chaque nation conserve ses propres habitudes et on n'échange pas, par exemple, les ravitailleurs en vol. C'est pourquoi les Italiens n'avaient pas engagé leurs Typhoons pour protéger les Tornados, car en configuration air-air, les Eurofighter n'auraient pu se maintenir pour de longues patrouilles au-dessus du sol libyen, faute de ravitailleurs (avant le déploiement des KC-130J de la 46 Brigata Area). De ce point de vue, la prise en main de l'opération par l'OTAN amènera peut-être à certains changements. Bien sûr, les Américains sont les seuls à disposer de l'ensemble des moyens d'action combinés qui permettraient de faire la différence.






 22 mars 2011 : un F-16 américain ravitaillé en carburant sur la base d'Aviano (USAFRICOM).

Aujourd'hui, les appareils français ont bombardé la piste d'Al Jufrah, une base historique de l'armée libyenne. Au moins 5 appareils d'entraînement Soko Galeb et 2 hélicoptères d'attaque Mi-35 (la version export du Mi-24) auraient été détruits. 2 Mirages 2000-5 français ont à nouveau mené une mission conjointe avec 2 Mirages qataris du même type. Des sites de radars mobiles ont été frappés dans la région de Tripoli et les Etats-Unis ont annoncé avoir tiré 16 missiles Tomahawks supplémentaires, et en particulier contre les lanceurs SCUD libyens. 153 sorties ont été réalisées dans les dernières 24h, dont 96 d'attaque au sol. C'est un Canadien (Québecois), le général Charles Bouchard, qui dirigera la zone d'exclusion aérienne au nom de l'OTAN. Les Américains ont confirmé l'emploi d'appareils EC-130J de guerre psychologique Commando Solo et Compass Call qui diffusent des messages en anglais et en arabe. Les F-16 des Emirats Arabes Unis seront déployés sur la base de Trapani via Suda, en Crète. Les Etats-Unis ont également déployé des AC-130 de Mildenhall vers la base de Sigonella et 6 A-10 d'attaque au sol sont arrivés à Aviano. Le Soudan a autorisé les appareils de coalition à survoler son espace aérien pour assurer la zone d'exclusion aérienne. Les Américains songent à augmenter leur puissance de feu en engageant des AC-130 gunships, des hélicoptères et des drones de combat.

Les Canadiens restent activement impliqués dans les opérations de combat (nom de code Mobile). 2 CF-18 ont détruit un site électronique important près de Misrata ; 2 ravitailleurs CC-150 participent aux opérations ainsi que 2 avions de patrouille maritime CP-140 Aurora. De leur côté, les Norvégiens ont engagé 2 F-16 dans une mission de bombardement contre une base aérienne libyenne : ils ont lâché des GBU-12 et des bombes JDAM. Les F-16 danois, quant à eux, auraient déjà mis hors de combat 15 blindés ou lance-roquettes multiples et 3 lanceurs SCUD, en conjonction avec des appareils britanniques. Les F-16 danois ont effectué plus de 25 missions de combat au-dessus de la Libye.

24 mars 2011 : un F-16 norvégien au décollage sur la base de Suda (Dagbladet).

Un F-16 danois décolle de la base de Sigonella (Politiken).

José FRECHES, Le Caravage. Peintre et assassin, Découvertes Gallimard 254, Paris, Gallimard, 1995, 160 p.

Michelangelo Merisi, dit Le Caravage, était un jeune homme ambitieux. Né en 1571, l'année de la célèbre victoire navale chrétienne de Lépante sur l'Empire ottoman, il entre en apprentissage à Milan en 1584 avant de gagner Rome vers 1590. Choisissant la peinture au chevalet, il affirme sa mise en scène des personnages en clair-obscur. Peintre de cour, il gagne la protection du cardinal Del Monte, grand collectionneur et qui décèle le talent du grand artiste.

Ses oeuvres d'amateur, déjà puissantes, lui valent de grandes commandes publiques : Le Martyre de Saint Matthieu ou La Conversion de Saint Paul, qui assoient sa célébrité. Mais le Caravage se distingue aussi par ses coups d'éclat tapageurs : insultes, sensualité exacerbée, poursuites en justice pour ports d'armes, voies de faits et autres violences de rues. Accusé de meurtre, il fuit vers le Latium puis à Naples en 1606. Son oeuvre s'en trouve influencée : il essaye de gagner le pardon divin avec Saint François en méditation ou La Flagellation.

 Le Martyre de Saint Matthieu, Le Caravage (1599-1600).

 Saint François en méditation, Le Caravage (1606).
 

Parvenu à Malte, en 1607, il dissimule son passé, est nommé "chevalier de grâce" par l'ordre de l'île, avant d'être découvert, et à nouveau en fuite, vers la Sicile. Il y gagne plusieurs commandes : La Résurrection de Lazare, l'Adoration des Bergers, car on le croit toujours chevalier de Malte. En 1610, il revient à Rome, afin de gagner le pardon du pape. Le 18 juillet, dans des circonstances mal connues, le Caravage meurt sur le rivage toscan de Porto Ercole.

 La Flagellation du Christ, Le Caravage, 1607.

Cependant, son legs est immense, car de nombreux artistes se réclameront de son oeuvre, et notamment de ses clair-obscur, les "caravagesques". La légende pointe alors son nez : Le Caravage devient la figure du rebelle à l'ordre établi. Artiste engagé, Le Caravage est l'exemple du peintre moderne.

vendredi 25 mars 2011

Odyssey Dawn : 25 mars 2011

L'OTAN a finalement accepté de prendre la tête des opérations, mais simplement pour assurer l'intégrité de la zone d'exclusion aérienne. Les Américains vont sans doute bientôt abandonner le commandement de l'opération Odyssey Dawn ; le groupe amphibie de l'USS Bataan (LHD-5), comprenant aussi l'USS Mesa Verde, l'USS Whidbey Island, a quitté le port de Norfolk le 23 mars pour le camp Lejeune en Caroline du Nord où il doit embarquer la 22nd Marine Expeditionary Unit (MEU), comprenant 2200 marins et Marines. La 2nd Aircraft Wing de la 22nd MEU comprend 10 MV-22 Osprey, 6 AV-8B Harriers et des hélicoptères. Le groupe doit appareiller vers le 30 mars pour relever l'USS Kearsarge.







Beaucoup de débats aujourd'hui autour du Soko Galeb détruit par un Rafale hier, la France étant très avide de faire passer ce "kill" comme la première victoire aérienne du Rafale, alors que l'appareil a été détruit au sol... on se demande d'ailleurs pourquoi l'appareil avait pris l'air, ce qui équivalait à un suicide dans une zone surveillée 24h sur 24 par les avions AWACS.

Désormais, plus de 350 appareils de tous types de 9 nations différentes sont impliqués dans les opérations. 130 sorties ont été réalisées dans les dernières 24h dont 49 visaient des cibles pré-désignées. 75 % des missions sont effectuées par des combinaisons d'appareils entre Etats concernés par les frappes aériennes. 38 navires de la coalition patrouillent au large des côtes libyennes (dont 12 américains), dont certains ont lancé 14 missiles Tomahawks de plus hier. Ces frappes visaient probablement les systèmes SAM encore opérationnels et peut-être aussi les lanceurs Scud de Kadhafi, Il faut noter que la veille AWACS de l'espace aérien libyen est assurée en grande partie par des appareils non-américains (français, britanniques...). Les Etats-Unis délèguent le plus possible pour l'instant dans la mise en oeuvre de l'opération, étant engagés sur d'autres théâtres qui prélèvent également des forces. Les forces de Kadhafi semblent pour la plupart s'être réfugiées au coeur des grandes villes, que les appareils de la coalition ne frappent pas pour l'instant de peur de provoquer des victimes civiles.

25 mars 2011 : un Mirage 2000-5 qatari décolle de la base de Suda, en Crète. Les appareils ont mené aujourd'hui une mission conjointe avec deux appareils français similaires (USAFRICOM).

La guerre des tweets commence également à faire rage puisque certains messages fourniraient la position des troupes de Kadhafi autour de Misrata, sans que l'on sache bien d'ailleurs si ce ne sont pas les loyalistes eux-mêmes qui mènent une véritable guerre de l'information, puisque certains sites des insurgés ont été victimes d'attaques.

Les Italiens préfèrent toujours utiliser les F-16 pour escorter les Tornados, à la place des Typhoons, car ceux-ci sont moins faciles à ravitailler en vol avec les KC-135. La coalition aérienne a été rejointe par 6 F-16AM et 1 KDC-10 des Pays-Bas, arrivés à Decimomannu dans l'après-midi. Des systèmes E-8CJ-Stars sont apparemment engagés pour la coordination des frappes sur les véhicules au sol : deux appareils américains opèreraient depuis la base de Rota, en Espagne (116th Air Control Wing, Robins Air Force Base, de la Garde Nationale de Géorgie). Le commandement a par ailleurs demandé aux Italiens de mettre en ligne 4 Tornados IDS pour des missions de frappe au sol. Les Emirats Arabes Unis ont prévu le déploiement de 6 Mirage et 6 F-16 pour renforcer la coalition. Les appareils de l'Armée de l'Air, de la Marine Nationale et les CF-18 canadiens ont poursuivi les frappes aujourd'hui.




Les appareils français et qataris ont mené leur première mission conjointe au-dessus de la Libye (2 Mirage 2000-5 de chaque pays). Dans la soirée du 24 mars, deux Mirage 2000-D de Nancy ont été engagés avec leurs bombes GBU-12 contre les positions de l'armée loyaliste autour d'Ajdabiyah (pièces d'artillerie). Les Rafales et Super Etendard Modernisés de la Marine Nationale ont mené des patrouilles communes d'interdiction aérienne. En tout une trentaine d'appareils français ont été engagés aujourd'hui. 2 Mirage 2000-5 sont désormais installés à la base de Suda en Crète, depuis Solenzara. Les Tornados GR4 britanniques ont tiré cette nuit plusieurs missiles Brimestone contre des véhicules blindés libyens près de la ville d'Ajdabiyah.

Un véhicule blindé libyen détruit par un tir de missile Brimstone depuis un Tornado GR4 (Ministère de la Défense britannique).

 Ravitaillement en vol d'un Rafale français (EMA).


jeudi 24 mars 2011

Un appareil libyen détruit par la coalition : Odyssey Dawn, 24 mars 2011

D'après l'Air Vice Marshal Greg Bagwell, les appareils engagés par la coalition au-dessus de la Libye volent désormais en toute impunité. Visiblement, le système de commandement et de contrôle aérien et anti-aérien libyen a été pulvérisé par les premières frappes de la coalition. 336 sorties et 108 raids aériens ont été menés depuis le samedi 19 mars. Les appareils américains se taillent la part du lion avec 212 sorties, suivis par la France et le Royaume-Uni. Le rythme des sorties s'accélère puisque entre les 23 et 24 mars, 175 sorties ont été effectuées dont 113 par les Américains. Cet accroissement visait probablement à rendre définitivement inapte l'aviation libyenne. Les missions des jours à venir seront probablement de la même nature, pour tenir à distance les quelques SAM opérationnels menacés par les missiles antiradars embarqués AGM-88 Harm de la coalition. Les F-16CJ, les EA-18G Growler et les Tornados ECR sont particulièrement dévoués aux missions SEAD (suppression des défenses antiaériennes ennemies).







Un F-16 norvégien décolle de la baie de Souda, en Crète, pour une mission au-dessus de la Libye.

Dans le même temps, l'appareil de reconnaissance maritime espagnol CN-235 a été déplacé à Decimonmannu, tandis que 2 F-16 norvégiens ont apparemment participé à leur première mission de combat aujourd'hui. L'Allemagne, plutôt critique à l'égard de l'intervention en Libye, a tout de même fourni du personnel pour les E-3 AWACS de l'OTAN. L'aviation italienne, qui engageait jusque là 8 appareils de combat, a mis en oeuvre ses Typhoons depuis la base de Trapani en Sicile, qui effectuent des missions de supériorité aérienne. Un avion-ravitailleur KC-130J a pour la première fois ravitaillé en vol les appareils italiens engagés dans les missions SEAD en lieu et place des Tornados IDS habituels. Les CF-18 et EF-18 canadiens et espagnols, avec leurs ravitailleurs KC-135, opèrent depuis Trapani et Decimomannu. Les missions de combat quotidiennes nécessitent entre 20 et 25 ravitailleurs ! On sait par ailleurs que de nombreux pilotes féminins sont engagés dans les opérations : une femme pilote un des Typhoons de la RAF et une autre un Typhoon italien.







Aujourd'hui, le sous-marin HMS Triumph (de la classe Trafalgar) a encore procédé à des tirs de missiles Tomahawk. Le sous-marin avait déjà participé aux frappes initiales du 19 mars dernier.

Le sous-marin britannique HMS Triumph (classe Trafalgar) a effectué des tirs de missiles Tomahawk aujourd'hui (Ministère de la Défense britannique).






Sur l'engagement éventuel des F-22 Raptors américains, il faut noter que cela poserait problème car l'appareil ne pourrait communiquer avec les autres avions de la coalition et il manque aussi de capacités air-sol. Il peut recevoir des informations sur un système intégré qui lui permet de communiquer avec d'autres Raptors, mais il ne peut pas émettre sur les autres moyens de transmission, cela pour protéger sa furtivité.

23 mars 2011, les Rafales du Charles de Gaulle sont préparés pour les opérations (Marine Nationale).

Cette nuit, l'aviation française a procédé à un raid sur une base aérienne libyenne à 250 km à l'intérieur des terres pendant laquelle, pour la première fois, a été tiré un missile SCALP. Le SCALP est un missile de croisière longue portée conçu par MBDA. Le raid impliquait une dizaine d'appareils : 2 Rafales de l'Armée de l'Air, 2 Rafales F3 du Charles de Gaulle, 2 Mirage 2000D, des avions-ravitailleurs et un E-2C Hawkeye de la Marine Nationale. Par ailleurs, un AWACS a détecté en vol un appareil libyen (un Soko G-2 Galeb de construction yougoslave, appareil de reconnaissance biplace et d'attaque au sol) dans la région de Misrata. 2 Rafales lui ont donné la chasse et l'avion, qui venait de se poser, a été détruit par un kit air-sol modulaire A2SM monté sur une bombe. Des Mirages 2000-5 doivent prochainement être déployés dans la baie de Souda, en Crète, aux côtés de leurs homologues qataris.








 Un Tornado GR4 britannique se pose à Gioia Del Colle après une mission sur la Libye, 22 mars 2011 (Ministère de la Défense britannique).

Près de Misrata, deux CF-18 canadiens ont détruit un dépôt de munitions avec 4 bombes à guidage laser de 227 kg. Les F-16 danois ont eux aussi effectué leur première mission de bombardement.

mercredi 23 mars 2011

Odyssey Dawn : 23 mars 2011

On en sait un peu plus aujourd'hui sur la perte du F-15E hier matin au-dessus de Benghazi. Comme les deux membres d'équipage n'ont pas atterri au même endroit, cela laisse supposer qu'ils se sont éjectés à haute altitude. L'un des membres d'équipage a donc été secouru par un MV-22A Osprey des Marines embarqué à bord de l'USS Kearsarge. La mission de sauvetage impliquait 6 appareils :  en plus de 2 Ospreys, 2 hélicoptères CH-53E transportant un groupe d'intervention et 2 AV-8B Harriers des Marines, qui ont largué deux bombes à guidage laser de 225 kg, couvraient l'opération. D'après les photos de la carcasse de l'appareil, il ne semble pas que le F-15 ait été victime d'un tir de SAM lourd ou de MANPADS -la structure est assez intacte, résultat d'un choc à plat à faible vitesse avec le sol.





 Des F-16 américains de retour sur la base d'Aviano, en Italie du Nord (USAFRICOM).

Pour le moment, il apparaît que les frappes se concentrent essentiellement au-dessus de l'est de la Libye et sur la région de Benghazi en particulier. Les appareils de la coalition n'ont pas obtenu de résultats probants dans les attaques au-dessus de Misrata et Zintan, probablement parce que l'espace aérien n'est pas suffisamment sécurisé pour un matraquage en règle, ou bien alors que le marquage des cibles est trop aléatoire et risque de provoquer des pertes civiles, ce que veut éviter à tout prix la coalition. Les appareils américains ont aussi tendance à opérer de nuit alors que les autres nations volent de jour ; il faut dire que les équipages sont entraînés pour ce faire et disposent du matériel adéquat. En outre, les appareils de soutien et d'opérations spéciales sont basés à Sigonella, en Sicile, pour réduire le temps d'intervention, alors que les appareils d'appui tactique sont stationnés à Aviano, dans le nord de l'Italie (plus de 80 appareils, dont le 31st Fighter Wing, équipé de F-16, qui occupe la base en permanence).








 Un Rafale F3 à bord du Charles de Gaulle. L'appareil français a mené ses premières missions de combat sur la Libye le mardi 22 mars (EMA/Marine Nationale).

Le ciel libyen est dans le même en train de venir un gigantesque terrain d'essai pour un matériel encore non testé en opérations ou destiné à la vente, ou bien les deux. On a déjà évoqué l'empressement de la France à montrer et mettre en valeur les premières opérations de combat du Rafale... dont un lot devait justement être vendu à Kadhafi en 2009 (10 à 14 appareils similaires aux Rafales F3 embarqués sur le Charles de Gaulle). Quant aux Américains, ils ont aussi expérimenté le drone RQ-4B Global Hawk. On évoque même la possibilité, une fois l'espace aérien libyen complètement sécurisé, de l'engagement des F-22 Raptors.








2 Mirage 2000 du Qatar et le C-17 qui les accompagnait ont dû atterrir d'urgence aujourd'hui à Chypre. 4 Mirage supplémentaires devraient bientôt arriver sur place également. Les Pays-Bas vont expédier des F-16AM et un ravitailleur KDC-10. Aujourd'hui, une paire de CF-18 canadiens a annulé une mission au-dessus d'un aérodrome libyen de peur de toucher des civils, preuve que les règles d'engagement sont assez scrupuleusement appliquées, par crainte de commettre une bavure. Les Tornados GR4 ont volé pour la première fois depuis Gioia del Colle où sont aussi basés les Typhoons, tandis que les Tornados ECR italiens continuent leurs missions sous la protection des F-16, avec un Tornado IDS pour le ravitaillement en vol. Les Harriers du Garibaldi interviennent pour des missions de patrouille en Méditerranée, ainsi que les hélicoptères EH-101. Les seuls autres Harriers qui participent eux à Odyssey Dawn sont ceux de l'USMC embarqués sur l'USS Kearsarge (VMA-542).

Un AV-8B Harrier de la VMA-542 à bord de l'USS Kearsarge (LPH-3)(USAFRICOM).

L'IISS propose par ailleurs un ordre de bataille des forces navales et aériennes engagées actualisé au 23 mars.

mardi 22 mars 2011

Première perte aérienne pour "Odyssey Dawn"

Un F-15E Strike Eagle de l'US Air Force s'est écrasé ce matin aux environs de Benghazi, devenant la première perte subie par la coalition internationale depuis le début des frappes le samedi 19 mars. Les deux membres d'équipage ont dû s'éjecter suite à un problème mécanique : l'avion n'a donc pas été abattu par les forces de Kadhafi. Le pilote de l'appareil a été récupéré par un MV-22 Osprey de la 26th MEU embarqué sur le USS Kearsarge, tandis que l'officier d'armements de l'appareil a été secouru par les rebelles.


 2 F-15E Strike Eagle sur la base italienne d'Aviano, le mardi 22 mars 2011. Le code sur la queue, "LN", renvoie à la base de Lakenheath, au Royaume-Uni, où est basé en temps normal le 48th Fighter Wing américain (AP).

Aujourd'hui, au moins 3 F-15E participaient aux opérations de supériorité aérienne au-dessus de la Libye, sur les 10 dépêchés depuis la base de Lakenheath en Grande-Bretagne. L'US Air Force a confirmé aujourd'hui qu'un drone RQ-4 Global Hawk opérait en soutien des appareils de combat jusqu'au 21 mars.

 Photo d'un Eurofighter Typhoon de la RAF engagé dans le ciel libyen.

Par ailleurs, les Typhoons de la RAF qui se sont posés sur la base de Gioia Del Colle le 20 mars sont intervenus pour la première fois dans le ciel libyen. Sur les photos du ministère de la Défense britannique, on reconnaît les marquages des 3 et 17 Squadrons, basés dans le Lincolnshire. Le Typhoon est armé de missiles Raytheon AIM-120 AMRAAM, de missiles MBDA ASRAM et d'un canon Mauser de 27 mm. L'Italie a elle aussi engagé plusieurs chasseurs Eurofighter Typhoons dans les opérations. Les Tornados GR4, quant à eux, ont employé dans la nuit du 19 au 20 mars les missiles Stormshadow, et utilisent maintenant des missiles Brimstone et des bombes à guidage laser Paveway, avec le pod de désignation Litening de Rafael. D'autres sont équipés du pod de reconnaissance Goodrich Raptor.

 Photo montrant les tirs antiaériens au-dessus de la capitale libyenne, Tripoli (Reuters).


Aujourd'hui, le porte-avions français Charles de Gaulle, qui a rejoint la zone d'opérations, a lancé ses premiers appareils au-dessus de la Libye. 2 Rafales F3 de la flottile 12F, armés de missiles air-air MICA et de nacelles RECO NG, ont été catapultés du porte-avions à 9h ce matin.



Libye : lancement de l'opération Harmattan


Les Norvégiens, quant à eux, ont déclaré qu'ils refusaient d'engager les 6 F-16 déployés en Crète tant qu'une structure de commandement plus claire avec des règles précises ne serait pas définie, ce qui brise l'unanimité autour du renforcement du potentiel de frappe, et pose la question évidente d'une direction des opérations aériennes, jusqu'ici bien floue.

Operation Odyssey Dawn : analyse des premiers jours de frappes

Ironiquement, le début des frappes contre la Libye correspond au 8ème anniversaire de l'invasion de l'Irak en 2003 par la coalition anglo-américaine... je reprends ici les excellentes analyses de David Cenciotti sur son blog.

L'opération initiale, samedi dernier 19 mars, s'est découpée, au final, en trois phases :

1) L'acheminement des moyens pour les frappes.

2) L'opération Harmattan lancée en avant-garde par la France.

3) La frappe nocturne par les missiles Tomahawk.

Revenons sur chacune des phases dans le détail.

1) L'acheminement des forces est toujours en cours. Les Canadiens ont expédié 6 CF-18 du 425th Tactical Fighter Squadron, l'USAFE (US Air Force in Europe) 10 F-15E du 494th Tactical Fighter Squadron et 12 F-16 du 480th Tactical Fighter Squadron, les Danois 6 F-16, les Espagnols 4 EF-18 et un B707. L'Italie a redéployé elle ses moyens d'action : en plus des 4 Tornados ICR du 155 Gruppo basé à Piacenza, des Tornado IDS du 6 Stormo et des Typhoons du 4 Stormo ont été déployés à Trapani en Sicile, base qui abrite les F-16 du 37 Stormo.

 Un F-15E du 48th Tactical Wing avant les premières frappes américaines de l'opération Odyssey Dawn.

2) L'opération Harmattan, lancée le 19 mars dans l'après-midi, a vu les avions français intervenir au-dessus de Benghazi pour neutraliser l'aviation de Kadhafi. 20 appareils sont intervenus (8 Rafales, 2 Mirages 2000-D, 2 Mirage 2000-5, 6 C-135 et 1 E3F-AWACS). Les appareils français ont aussi empêché les troupes de Kadhafi de poursuivre le siège de Benghazi en détruisant au moins 4 blindés. Cette opération n'avait d'ailleurs pas forcément l'aval des partenaires de la France : le président Sarkozy a voulu jouer la carte de l'action pour ne pas paraître timoré, alors même que ces missions de combat permettent aussi de prouver que le Rafale est un système d'armes performant... l'opération française n'a pas été précédée, en plus, comme de coutume, de missions SEAD, mais les défenses anti-aériennes dans la zone d'intervention étaient négligeables.

3) Enfin, à 19h30, une volée de missiles Tomahawk (plus de 110) est tirée par deux destroyers de l'US Navy et 4 sous-marins (3 américains, 1 britannique). Plus de 20 cibles sont visées, essentiellement les moyens de défense anti-aérienne libyenne. Cette salve de Tomahawk est suivie d'une frappe par des Tornado GR4 de la RAF utilisant les missiles Stormshadow, appuyés par des ravitailleurs VC10 et Tristar et un 1 E-3D Sentry.

Le deuxième jour des opérations, le dimanche 20 mars, est d'abord marqué par l'intervention de 3 bombardiers furtifs B-2 Spirit opérant depuis leur base de Whiteman, dans le Missouri, et qui lâche 40 bombes sur un piste d'aviation libyenne. Puis les appareils américains sont massivement engagés dans des frappes contre le réseau de communication et de défense libyen : F-15E (48th Fighter Wing), F-16 (52nd Fighter Wing), EA-18G (VAQ-132), AV-8B (26th MEU, embarquée sur l'USS Kearsarge). Dans le même temps, les opérations PSYOPS débutent avec un EC-130-J Commando Solo du 193rd Special Operations Wing, appartenant à la Garde Nationale de Pennsylvanie. Les appareils danois et italiens sont engagés pour la première fois : 4 F-16 danois mènent une frappe sur Misrata à 14h, tandis que 6 Tornados italiens (4 ECR et 2 IDS) s'envolent à 19h pour une mission SEAD. La marine italienne envisage aussi de mettre en ligne si besoin les 8 AV-8B+ embarqués à bord du porte-aéronefs Garibaldi, aux côtés de ceux des Marines. Ce jour-là, 4 Mirage 2000-5 du Qatar interviennent également pour la première fois dans les opérations de combat.

Le troisième jour des frappes, hier lundi 21 mars, a été consacré à des missions SEAD contre les SAM mobiles libyens (SA-6 et SA-8). Les Tornado ECR du 50 Stormo basés à Trapani, en Sicile, les F-16CJ du 480th FS et les EA-18G Growler de la VAQ-132 sont particulièrement destinés à ces missions de destruction des positions anti-aériennes adverses. Les B-2 Spirit ont frappé, le dimanche 20 mars, la base aérienne libyenne de Ghardabiya, et en particulier les hangars bétonnés abritant 7 unités de l'aviation libyenne équipées de MiG-21, Su-22, Su-24, J-21, Mi-8 et Mi-24. Comme on suppose que certains appareils sont dispersés ailleurs dans le pays et en mesure d'intervenir, les appareils des missions SEAD sont escortés par des chasseurs (les Tornado ECR italiens par des F-16 du 18 Gruppo). Ce troisième jour des frappes voit la première intervention d'un EF-18 espagnol et du ravitailleur B707, ainsi que d'un F-16AM belge. Les Typhoons de la RAF se posent à Gioia Del Colle, les CF-18 canadiens mènent aussi des opérations de combat tandis que les Italiens décident d'engager 4 F-16 supplémentaires dans l'opération. Les 6 F-16 norvégiens arrivent dans la baie de Souda, en Crète.


Un MiG-23 de l'aviation libyenne.

L'opération lancée depuis samedi vise avant tout l'acquisition d'une supériorité aérienne de facto permettant de soutenir le combat des insurgés au sol. L'aviation de Kadhafi n'a qu'une disponibilité très réduite (peut-être 40 appareils sur les 300 alignés au total) du fait d'un manque de pièces de rechange, d'entraînement, et de motivation aussi. Pourtant, des Su-22, Su-24 et MiG-23 ont bien été employés contre les rebelles, tout comme les hélicoptères Mi-8, Mi-17 et Mi-24. Si la Libye aligne un grand nombre de missiles SAM fixes ou portables plus ou moins modernes, le système de commandement et de contrôle des défense anti-aériennes a sans doute bien souffert des premières frappes internationales. S'agit-il maintenant de chasser Kadhafi du pouvoir ? Ce choix serait difficile à appliquer puisque les Etats concernés agissent pour l'instant en se référant à la résolution 1973 de l'ONU. Au reste, les navires de combat présents au large de la Libye ne sont pas encore intervenus, et il n'y a pas encore eu de guerre électronique visant à annihiler les média libyens officiels. Plusieurs options sont donc encore possibles.

lundi 21 mars 2011

Libye : ordre de bataille (compléments)

 Un F-16 du 480th Fighter Squadron décolle de la base de Spangdahlem, le 19 mars 2011.


Quelques ajouts à l'ordre de bataille précédent, où je n'avais pas redétaillé l'implication des nations plus en retrait que celles listées précédemment :

Belgique : 6 F-16 opèrent depuis la base grecque d'Araxos. Le dragueur de mines BNS Narcis est également sur place.

Danemark : 6 F-16 sont également engagés avec un appareil de transport et des équipages au sol.

Grèce : 4 F-16 sont impliqués, ainsi que deux frégates et un appareil Embraer R-99 (AWACS).

Italie : 8 Tornados ECR ont participé aux opérations aériennes.

Norvège : 6 F-16 vont être envoyés ainsi qu'un avion de patrouille maritime P-3 Orion.

Qatar : 4 à 6 Mirage 2000-5EDA seront envoyés sur l'île de Crète.

Espagne : 4 chasseurs F-18, un avion-ravitailleur, la frégate F100 Mendez Nunez, le sous-marin Tramontana et un appareil de surveillance maritime CN-235 MPA participent aux opérations.

Emirats Arabes Unis : une vingtaine de chasseurs F-16 et Mirage 2000-9 seront envoyés.

Un bombardier B-2 Spirit atterrit à Whiteman Air Force Base, le 20 mars 2011, de retour d'une mission sur la Libye.

dimanche 20 mars 2011

Libye : ordre de bataille de la coalition (20 mars 2011)

L'opération Odyssey Dawn est le nom de code pour la partie américaine des frappes aériennes menées sur la Libye depuis hier soir. Le nom de code pour les Britanniques est Ellamy, MOBILE pour les Canadiens et Harmattan, comme cela a déjà été dit plus tôt dans la journée, pour la France.





L'opération Odyssey Dawn relève du général américain Carter Ham, qui dirige l'Africom (United States Africa Command). La direction tactique des frappes est sous l'autorité de l'amiral Sam Locklear, le commandant des forces navales américaines en Europe à bord du navire de commandement USS Mount Whitney (LCC-20).

 L'USS Mount Whitney (LCC-20).

Les unités de l'US Navy présentes dans la zone sont le navire de commandement USS Mount Whitney, le porte-hélicoptères USS Kearsarge, classe Wasp, qui transporte la 26th Marine Expeditionary Unit (MEU), le navire d'assaut amphibie USS Ponce, les deux destroyers lance-missiles USS Barry et USS Stout, les sous-marins nucléaires d'attaque classe Los Angeles USS Providence et USS Scranton, le sous-marin nucléaire lanceur de missiles de croisière classe Ohio USS Florida. Des appareils de guerre électronique EA-18G opèrent à partir de la base de Sigonella en Sicile et de la base d'Aviano en Italie du Nord.

Le sous-marin nucléaire d'attaque classe Los Angeles USS Providence (SSN-719).

L'EA-18G Growler, version modifiée du F-18 Hornet pour la guerre électronique. 

L'US Air Force a engagé pour l'instant trois bombardiers furtifs B-2 Spirit, 10 F-15E qui opèreraient depuis la base britannique de Lakenheath, 2 AC-130U qui sont arrivés à Mildenhall en Grande-Bretagne le 18 mars. 8 F-16C de la base de Spangdalhelm (Allemagne) seraient arrivés à Aviano aujourd'hui. Des avions-espions U-2 opèrent depuis la base britannique d'Akrotiri à Chypre.






En plus de la 26th MEU embarquée sur l'USS Kearsarge, ce porte-hélicoptères aligne 4 AV-8B Harrier II de l'USMC.

Côté britannique, l'opération Ellamy comprend trois bâtiments de guerre : les frégates HMS Cumberland et HMS Westminster et le sous-marin classe Trafalgar HMS Triumph, qui a procédé à des tirs de missiles Tomahawk la nuit dernière. Sur le plan aérien, la RAF a engagé 6 à 12 Tornado GR 4 et 6 à 12 Eurofighter Typhoon, 3 avions AWACS, 1 R-1 Sentinel, 2 avions-ravitailleurs VC-10 et des Tristars de la même catégorie. Des Typhoons seraient en route pour Chypre via Trapani en Sicile.

 Le sous-marin HMS Triumph (S93), classe Trafalgar, de la Royal Navy.

Pour les Canadiens, l'opération MOBILE voit le déploiement de 6 CF-18 Hornet (425 Tactical Fighter Squadron), avec un 7ème en réserve, d'un hélicoptère embarqué Sikorsky CH-124 Sea King, de deux avions de transport lours CC-177 Globemaster III, de deux avions de transport tactique CC-130J Super Hercules. Le groupe de combat a pris le nom de code de Task Force Libeccio (du nom d'un vent d'ouest ou de sud-ouest soufflant sur le nord de la Corse). Il serait en mesure d'intervenir à partir du 22 mars. La frégate canadienne HCMS Charlottetown participe également aux opérations.

 Deux CF-18 canadiens se posant à Aviano, en 2000, pendant l'opération Allied Force, au-dessus de la Serbie.

En ce qui concerne la France, l'Armée de l'Air a mis en action 8 Rafales de l'EC1/7 Provence basé à Saint-Dizier, 2 Mirage 2000-5 de l'EC 1/2 Cigognes de Dijon, 2 Mirage 2000-D de l'EC 1/3 Ardennes de Nancy, 6 avions-ravitailleurs C-135 du GRV 2/93 d'Istres, 1 E-3F AWACS du 36ème ECDA d'Avord, un appareil de surveillance électronique C-160G du 1/54 Dunkerque de Metz. La Marine Nationale dispose sur place du destroyer Forbin, de la frégate Jean Bart ; le groupe du porte-avions Charles de Gaulle, en cours d'acheminement sur zone, comprend, outre le porte-avions, les frégates Dupleix et Aconit et le navire ravitailleur Meuse. Le groupe aérien embarqué aligne 8 Rafales M, 6 Super Etendard, 2 E-2C Hawkeye, 2 hélicoptères Dauphin, 2 hélicoptères Alouette III, 2 hélicoptères Caracal et 1 Puma de l'Armée de l'Air adjoints pour l'opération au-dessus de la Libye.

 La frégate française Forbin (D620), premier navire de la classe Horizon.

Odyssey Dawn : les frappes ont commencé sur la Libye

Harmattan est un vent chaud et sec, poussiéreux, un alizé qui descend du Sahara sur l'Afrique de l'Ouest entre novembre et mars. C'est le nom de code de l'opération aérienne française lancée depuis hier soir contre le régime de Kadhafi. Hier, 8 Rafales et 4 Mirages 2000-D ou 2000-5 ont participé aux opérations, avec des ravitailleurs C-135FR et des Awacs. Les pilotes ne disposaient pas de couverture CSAR (recherche et sauvetage des pilotes abattus), qui visiblement était assurée par les Américains à partir de leurs moyens aéronavals présents sur place.


Les Américains semblent avoir pris le contrôle global de l'opération, baptisée "Odyssey Dawn", pilotée par l'Africom basé à Stuttgart, en Allemagne. Le navire de commandement de l'opération est l'USS Mount Whitney, qui se trouve déjà au large des côtes libyennes. Ce navire est toujours accompagné de l'USS Kearsarge (LHD-3) et de l'USS Ponce (LPD-15). Hier soir, les bâtiments américains et britanniques ont tiré plus de 110 missiles de croisière contre des cibles libyennes, vraisemblablement d'abord contre les moyens de défense anti-aérienne. Les navires lanceurs sont les sous-marins américains Scranton (SSN 756), Florida (SSN 728) et Providence (SSN 719) et les destroyers Stout (DDG 55) et Barry (DDG 52), ainsi qu'un sous-marin britannique de classe Trafalgar qui ont tiré des missiles Tomahawk. Des frappes aériennes nocturnes ont eu lieu cette nuit impliquant des Tornados britanniques et des bombardiers furtifs B-2 Spirit américains. Les Tornados GR4 ont décollé de la base de la RAF à Marham pour effectuer leur raid, qui est le le plus long sur lune telle distance mené depuis la guerre des Malouines (1982). Les Tornados ont été ravitaillés par des VC 10 et des Tristars et soutenus par des E3 Awacs, pour tirer sur leurs cibles les missiles Stormshadow. Dans la nuit, des sites de missiles antiaériens SA-5 ont été frappés par les tirs de missiles. 3 B-2 Spirits auraient lâché une quarantaine de bombes cette nuit contre une piste importante des forces de Kadhafi. Au moins 19 appareils américains ont été engagés dans les frappes de la nuit : en plus des B-2, des F-15, des F-16 et des appareils du corps des Marines.

 Tir de missile Tomahawk depuis le destroyer américain Barry.

Description du missile Tomahawk.

 Fonctionnement du missile Stormshadow.
Un Tornado atterrit sur la base de Marham, en Angleterre, après une frappe contre la Libye.


Les Emirats Arabes Unis ont annoncé qu'ils contribueraient aux opérations aériennes avec 20 appareils (Mirages 2000-9 et F-16), tout comme le Qatar avec 4 à 6 Mirages 2000-5. L'Espagne a expédié 4 F-18 sur une base en Sardaigne et va déployer dans la zone une frégate F-100, un sous-marin S-74 et avion de surveillance maritime CN-235. Des F-16 américains, 4 F-16 danois et au moins un drone américain se sont posés sur la base de Sigonella, en Sicile.

Sur le blog Les Carnets d'AFS, Antoine Sobocinski met en carte les événements liés à l'intervention en Libye, c'est bien fait et ça vaut le coup d'y jeter un oeil. Après tout, la géographie ne sert-elle pas "à faire la guerre" ?

Une colonne blindée d'au moins 5 chars, un LRM et une demi-douzaine de camions a été détruite à l'aube ce matin par les appareils de la coalition sur la route au sud de Benghazi.

Photo des blindés détruits sur la route menant de Benghazi à Ajdabiyah, ce matin.

Des T-72 de Kadhafi détruits par les frappes aériennes de la coalition.

samedi 19 mars 2011

Nouvelle revue : Guerres et Histoire

Les éditions Science et Vie vont bientôt lancer une nouvelle revue : Guerres et Histoire, un magazine dédié à l'histoire militaire. C'est une entreprise à suivre de près, sachant que le rédacteur en chef de la revue sera Jean Lopez, un auteur français désormais incontournable de par ses trois ouvrages sur le front de l'est pendant la Seconde Guerre mondiale (Koursk, Stalingard, Berlin ; un quatrième paraîtra bientôt sur Tcherkassy). Le lancement de cette nouvelle revue aura lieu la semaine prochaine.

A suivre ici.