mercredi 29 septembre 2010

Hélène HARTER, Les incorruptibles contre Al Capone, L'histoire comme un roman, Paris, Larousse, 2010, 256 p.


Eliott Ness, les Incorruptibles, Al Capone : pour ma génération, trop ancienne pour avoir connue la série de Robert Stack, ces images d'Epinal s'incarnent dans le magistral film de Brian de Palma, sorti en 1987 : The Untouchables (Les Incorruptibles).

C'est pourtant bien le mythe des Incorruptibles vus par le petit ou le grand écran qu'Hélène Harter, universitaire française spécialiste des Etats-Unis, s'attache à démonter dans ce petit ouvrage (250 pages), d'ailleurs assez cher par rapport au contenu (18 euros tout de même).


L'introduction du livre évoque le massacre de la Saint-Valentin, en 1929, qui fit beaucoup pour noircir la réputation d'Al Capone. Ce jour-là, le parrain de Chicago tend une embuscade à son principal rival dans la cité, Bugs Moran. Si celui-ci échappe au guet-apens, ses principaux lieutenants finissent criblés de balles de mitraillettes Thompson, l'arme favorite des gangsters de la pègre du Chicago des années 30. Le massacre de la Saint-Valentin provoqua une onde de choc aux Etats-Unis, et un désir que les autorités fédérales interviennent contre le crime organisé à Chicago.













lundi 27 septembre 2010

Nouvelles du front de l'école et du front politique...

En 2007, le président Sarkozy avait prévu dans son programme électoral la mise en oeuvre de l'assouplissement de la carte scolaire. Trois ans plus tard, après son application, l'on commence à en voir les premiers résultats. Une enquête réalisée par le syndicat des chefs d'établissement, le SNPDEN au début de cette année, a bien montré que la situation des établissements classés "moyens" ou "normaux" s'est considérablement dégradée depuis. Les établissements difficiles restent difficiles ou le deviennent encore plus... et les bons établissement le demeurent également, ou améliorent leur situation, dans les mêmes proportions. CQFD, d'autant plus que le nombre de dérogations induit des contraintes très fortes sur les établissements concernés, qui manquent toujours de moyens (classes à plus de 35 en 2nde au lycée, etc).

Je parlais l'autre jour, à propos du livre sur les réformes ratées du président Sarkozy, du problème du cumul des mandats. Rue 89 publie un article sur la question et qui récapitule 7 explications différentes de 7 personnages politiques qui pratique le cumul des mandats.

1) Juppé = Cincinnatus. Il veut à la fois rester maire de Bordeaux et peut-être exercer des fonctions au gouvernement. L'ennui, c'est qu'il s'était dit il y a peu contre le cumul des mandats. On ne peut pas être derrière la charrue et en train de manier l'épée en même temps... Cincinnatus l'avait compris.

2) Montebourg = le renégat. Après avoir longtemps défendu le mandat unique, ce qui était tout à son honneur, l'orateur saône-et-loirien a lâché prise et s'est lancé dans un cumul  des mandats des plus excessifs. Tout cela sous prétexte de résister à l'absolutisme sarkozyste. Mon oeil...

3) Estrosi = l'homme-orchestre. Il jure qu'il veut défendre les intérêts locaux (ce qu'il réalise en cumulant à loisir divers mandats), mais, dans le même temps, il s'empresse d'accepter des fonctions nationales. Rien de surprenant quand on connaît un peu le passé du personnage, plus que trouble.

4) Voynet = la velléitaire. Comme il faut sauver la représentation des Verts à l'Assemblée, Dominique ne peut refuser la place de parlementaire qui s'offre à elle... et ce malgré le statut des Verts qui interdit le cumul des mandats. Une règle déjà contournée par... Noël Mamère. Autant dire qu'elle a perdu toute crédibilité.

5) Collomb = l'aristocratie. Le socialiste lyonnais a une réponse toute trouvée pour son cumul des mandats : il faut bien qu'il prenne les places puisqu'il est le meilleur, et qu'il n'y a personne d'autres pour se hisser à son niveau ! Vive la démocratie !

6) Fabius = la peur du chômage. Laurent Fabius, qui est un sacré "cumulateur" si l'on peut dire, aurait tout simplement peur de la reconversion. Comme si un élu avait du mal à retrouver une activité une fois ses responsabilités évanouies... le pauvre. C'est sûr qu'il est à plaindre, au vu de la situation globale des travailleurs dans notre pays.

7) Sarkozy = une assemblée déconnectée des réalités. Notre cher président justifie le cumul des mandats, qu'il pratique abondamment lui-même pendant longtemps, par la crainte d'une perte du sens des réalités par les députés, notamment, alors que c'est justement le contraire qui est en jeu : supprimer les intérêts locaux, trop omniprésents au détriment de l'intérêt général, dans l'Assemblée. CQFD, encore une fois.





Jonathan RABB, L'homme intérieur, Grands Détectives 4303, Paris, 10/18, 2010, 478 p.

Ce volume de la collection Grands Détectives chez 10/18 tranche radicalement du profil habituel de cette collection.

L'on suit ici l'enquête d'un inspecteur de la police criminelle de Berlin en 1928, soit à la veille de la montée en puissance irrésistible des nazis, dans une ville cosmopolite et bouillonnante au sein de cette République de Weimar qui ne trouve pas.

Il faut beaucoup de courage pour se mettre dans l'histoire car le départ est... dur, et lent. Le récit est très décousu et l'on peut peiner à se prendre à l'intrigue -cette lecture en rebutera plus d'un. L'enquête en soi n'a rien d'extraordinaire (on en perd d'ailleurs le fil et l'on ne comprend pas tout, car l'auteur fonctionne beaucoup par jeu de questions/réponses, un jeu qui ne nous donne pas forcément tous les éléments...). Le plus intéressant reste sans doute l'arrière-plan du roman policier, le Berlin de la fin des années 20, ses bas-fonds et ses luttes politiques.

Il me semble néanmoins que l'auteur cède un peu trop au mythe du complot, avec l'inquiétante figure d'Alfred Hugenberg qui a l'air de mettre en orbite Joseph Goebbels à Berlin pour NSDAP alors que la réalité était sans doute bien plus compliquée. En tout cas l'histoire est glauque, froide et décapante : à ne pas lire si on a le cafard ! Mais assuréement, dans cette collection 10/18, ça change quelque peu de l'ordinaire.

dimanche 26 septembre 2010

Otto J. LEHRACK, The First Battle. Operation Starlite and the Beginning of the Blood Debt in Vietnam, Casemate, 2004, 212 p.

Voici le seul ouvrage traitant à ce jour de la première bataille d'envergure livrée par les Américains pendant la guerre du Viêtnam, en août 1965 : l'opération Starlite, où les Marines se mesurent à une partie du 1er régiment vietcong.

C'est un livre court, mais intéressant car l'auteur, ancien Marine ayant participé au conflit, remet ce premier combat en perspective depuis l'engagement américain de plus en plus important au Sud-Viêtnam ; mais il fait aussi l'effort de chercher à présenter le point de vue adverse, c'est à dire les Vietcongs qui ont affronté les Marines pendant Starlite.

Le récit de la bataille elle-même s'appuie sur de nombreux témoignages de Marines ayant participé à l'opération ; malheureusement, dans cette partie du livre, le côté vietcong n'apparaît guère. L'on peut regretter aussi que la conclusion soit si courte et peu poussée, comme sur l'engagement américain dans le conflit et les premières erreurs commises. J'aurais aimé pour ma part une approche un peu plus à la John Keegan dans The Face of Battle car il y avait moyen de la réaliser.

En revanche, le livret de photos comprend quasiment toutes celles connues sur l'opération Starlite, qui ne sont pas légion. Il n'y a que deux cartes, ce qui peut aussi apparaître peu ; heureusement la carte des combats est placée au sein de l'ouvrage, ce qui en rend la consultation plus facile.

Edward F. MURPHY, Semper Fi Vietnam. From Da Nang to the DMZ, Marine Corps Campaigns 1965-1975, Presidio Press, 2003, 396 p.


Dans la suite de mon travail sur l'opération Starlite et les débuts de l'engagement des Marines au Sud-Viêtnam, ce livre d'Edward Murphy permet d'appréhender la totalité du conflit vu du côté de l'USMC.

Le plan de l'ouvrage est chronologique et suit année après année les opérations menées par les Marines pendant la guerre du Viêtnam. Bien que très descriptif, le livre comprend cependant certaines pages un peu plus réflexives sur les raisons de l'échec de la stratégie américaine au Viêtnam. Est soulevé surtout la question de l'opposition entre le général Westmoreland, issu de l'US Army et d'une école de management, formé pour une lutte conventionnelle contre les Soviétiques et dans la culture des chiffres ; et entre les généraux des Marines, une branche de l'armée américaine de par sa nature plus habile à mener des opérations de contre-insurrection. Le débat fut tranché en faveur de l'US Army, avec les résultats que l'on sait, bien que la politique fut différente sous le successeur de Westmoreland, Abrams.

Il est dommage que les cartes soient compilées en début de volume, car il faut souvent s'y reporter pour suivre les différentes actions décrites dans le livre. De même, le livret photo au milieu de l'ouvrage est un peu court. Néanmoins, c'est un travail précieux pour simplement connaître le déroulement de la guerre dans la zone tactique du Ier corps (nord du Sud-Viêtnam) où ont opéré les Marines ; les pages sur la bataille de Hué pendant l'offensive du Têt, par exemple (1968), sont passionnantes.


mardi 14 septembre 2010

Historicoblog cité par Le Monde

Je ne l'ai vu que ce soir, mais Historicoblog a été cité par le grand quotidien Le Monde dans l'une de ses dépêches du 8 septembre dernier, portant sur la pratique des viols collectifs en RDC. L'article sur les Maï-Maï publié en début d'été est cité en bas de la page... ça fait toujours plaisir !

Les Leathernecks (1) en première ligne-L'engagement de l'US Marine Corps (USMC) au Viêtnam de février 1965 à l'opération Starlite.

En complément de mon article à paraître dans le n°36 de Champs de bataille sur l'opération Starlite (août 1965), voici une synthèse des débuts de l'engagements de l'USMC au Sud-Viêtnam en 1965 tirée d'un ouvrage disponible en ligne ici : Charles M. JOHNSON et Jack SHULIMSON, US Marines in Vietnam. The Landing and the Buildup 1965, HISTORY AND MUSEUMS DIVISION, HEADQUARTERS, U.S. MARINE CORPS, WASHINGTON, D.C., 1978.
 



Le débarquement des Marines à Da Nang



Le 22 janvier 1965, le Brigadier General Frederick J. Karch, assistant au commandant de division de la 3rd Marine Division, vétéran de plusieurs opérations de la Seconde Guerre mondiale, prend le commandement de la 9th Marine Expeditionnary Brigade (MEB). Elle se compose de deux Battalion Landing Teams (BLT), les BLT 1/9 et 3/9, embarqués sur les navires de la Task Force 76 de la VIIème flotte située dans la mer de Chine du sud. Les Marines restent en alerte au large du Sud-Viêtnam où l'agitation politique est à son comble : les 22 et 23 janvier ont lieu des émeutes bouddhistes contre le gouvernement en place à Saïgon et Hué, qui provoquent le renversement du Premier Ministre par les militaires.




dimanche 12 septembre 2010

Deux documentaires intéressants


Je signale deux documentaires intéressants que j'ai achetés récemment par intérêt personnel et envie pédagogique.

Le premier porte sur la Première Guerre mondiale et se compose de 5 parties de 50 mn environ ; la qualité est au rendez-vous, et ce n'est pas vraiment surprenant puisqu'il est basé sur l'oeuvre d'un historien militaire écossais, Hew Strachan. Sa principale qualité à mon sens est d'être très équilibré entre les différents fronts de la Grande Guerre, même si certains aspects sont presque absents ou mériteraient d'être creusés (aviation, causes et conséquences du conflit, l'arrière, etc). Néanmoins, il comprend quantité d'images d'archives, de témoignages et d'explications pertinentes.








Le second DVD fait partie de la fameuse série Les Grandes Batailles, réalisée par Jean-Louis Guillaud, Henri de Turenne et Daniel Costelle au début des années 1970. Rééditée par TF1 en DVD, cette série, malgré son âge, a rarement été égalée depuis dans le domaine des documentaires sur la Seconde Guerre mondiale. Après celui consacré à l'Italie, un autre traitant du débarquement en Normandie et un dernier portant sur la fin de la guerre, c'est donc le quatrième volume de cette série que j'ai l'occasion de voir, et le résultat est encore une fois au rendez-vous. En 1h45, tout est dit, ou presque, depuis l'invasion de la Pologne jusqu'à la défaite de mai-juin 1940 (le titre est d'ailleurs trompeur de ce point de vue). Les images sont de qualité, et le commentaire ne cherche pas seulement à décrire, il explique, mais sans tomber dans les travers du pathos exacerbé ou de la "mémorialisation" du conflit. En cette année anniversaire de la campagne de France et de la Débâcle, c'est assurément une vidéo à regarder pour se mettre les idées en images, en plus de saines lectures sur la question -qui ont proliféré d'ailleurs en mai-juin, anniversaire oblige.





A vos écrans !

Pierre CAHUC, André ZYLBERBERG, Les réformes ratées du président Sarkozy, Champs Actuel, Paris, Flammarion, 2010, 258 p.


A l'heure où beaucoup de Français se mobilisent contre la réforme des retraites, Flammarion publie dans sa collection de poche Champs une réédition de ce petit ouvrage écrit par deux spécialistes de l'économie, et qui démonte la soi-disant "réformite aiguë" de notre président de la République, Nicolas Sarkozy.

Avis aux amateurs : il ne s'agit pas d'un livre basé sur un antisarkozysme primaire. Mais il est un pamphlet à sa façon. La méthode : sélectionner quelques-unes des réformes phares promues par le président et expliquer pourquoi, en fait, elles n'ont pas abouti.


Les exemples choisis sont successivement décortiqués : régimes spéciaux des retraites, modernisation des syndicats, réforme des professions réglementées (avec le cas des chauffeurs de taxis), réforme de la grande distribution, défiscalisation des heures supplémentaires, instauration du RSA.

La conclusion est sans appel : toutes les réformes enclenchées depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, en mai 2007, sont passées à l'as. Et ceci pour une première raison globale : un déficit patent, dans notre république française, de gouvernance, où d'ailleurs nous sommes très mal classés d'après l'étude annuelle faite par la Banque Mondiale. Autrement dit, l'action du gouvernement et de l'administration, en France, se caractérise par un manque de transparence et un manque de crédibilité.

Dès la réforme des régimes spéciaux des retraites, fin 2007, l'hyper-volontarisme affiché de Nicolas Sarkozy se heurte à des interlocuteurs coriaces qui n'entendent pas lâcher prise. Résultat : des négociations "dans l'ombre", et des accords conclus sans qu'on en connaisse véritablement tous les détails. Nicolas Sarkozy manque à la fois d'objectifs clairs dans sa stratégie, et, conséquence logique, des moyens qui vont avec pour les réaliser. Pourtant,  la solution est toute trouvée : elle consiste à améliorer, en France, le fonctionnement de notre démocratie sociale et politique.

Par exemple : changer le rôle et la représentativité des syndicats, un interlocuteur indispensable, mais qui souffre en France d'un retard d'évolution, pour ainsi dire. Les syndicats doivent revenir massivement dans le secteur privé et leur financement, par trop opaque, doit être revu. Cela permettrait de mettre en adéquation les revendications des syndicats avec celles du monde du travail, ce qui n'est souvent pas le cas aujourd'hui puisque les non-adhérents bénéficient des avantages acquis par les syndicats dans les luttes sociales : l'adhésion devrait permettre de bénéficier de certains avantages précis, comme dans les pays scandinaves.

Autre volet important : la réforme du système politique. Dans tous les exemples traités, certaines réformes sont littéralement détournées ou bloquées par des parlementaires omnubilés par des intérêts locaux, et qui perdent la vision nationale du propos. Un changement de fonctionnement passe par un préalable indispensable : l'arrêt immédiat du cumul des mandats, une recommandation d'ailleurs maintes fois répétée, y compris à droite. Il faudrait aussi diminuer le nombre total de députés de façon à donner à chacun plus de moyens à l'Assemblée pour mieux traiter et suivre les grands débats socio-économiques du pays. Car, actuellement, la domination des enjeux locaux est la porte ouverte à toutes les pratiques de lobbying, des groupes de pression, que l'on perçoit particulièrement dans le livre sur les exemples des chauffeurs de taxis ou de la grande distribution. Résultat : les Français sont parmi les Européens ceux qui ont le moins confiance en leur Parlement.

Comme le disent les auteurs, pour conclure, c'est dans tous ces éléments que réside l'échec du mandat de Nicolas Sarkozy. On peut être en désaccord avec les solutions proposées, mais le constat est accablant. "Ensemble, tout devient possible" : c'était le titre du programme présidentiel de Nicolas Sarkozy. Il sonne aujourd'hui bien creux...

Sur les retraites, on peut lire le petit article de synthèse réalisé par Rue89 au moment de la manifestation de la semaine passée, ici.

Les trois principales critiques que l'on peut porter sur cette réforme :


- une réforme qui se trompe d'adversaire, puisque le principal reste le chômage ; ou comment allonger la durée de cotisation pour des gens qui ne travaillent pas !


- une réforme injuste car elle frappe ceux qui sont les moins privilégiés : ceux qui ont commencé à travailler plus jeune, et ceux avec des métiers dont la pénibilité est conséquente et dont, quoiqu'il arrive, l'espérance de vie à la retraite sera toujours plus faible qu'un cadre ou un membre des classes sociales supérieures.


- justement, la réforme ne tient pas assez compte de la pénibilité : un ouvrier et un cadre arrivant ensemble à la retraite ont près de 10 ans d'écart pour leur espérance de vie moyenne...

Coll., Congo 1960. Echec d'une décolonisation, GRIP-André Versaille éditeur, Bruxelles, 2010


Cet ouvrage collectif paraît sous la double étiquette de l'éditeur André Versaille et du GRIP, un groupement qui produit de nombreuses synthèses fort intéressantes sur la situation de divers pays africains, et en particulier la République Démocratique du Congo ; j'avais en particulier utilisé l'un de leurs rapports dans mon article sur les Maï-Maï dans la guerre au Kivu au début de l'été.

Ce livre-ci est en fait la réédition d'articles parus pour l'essentiel au début des années 90, c'est à dire à la fin du régime du maréchal Mobutu, qui allait s'écrouler en 1997 sous les coups de l'AFDL. Ce qui est intéressant, c'est que la plupart des questions posées et des problématiques traitées restent très actuelles.

Le propos se divise en deux : un tableau rapide du Congo colonial dominé par les Belges, et surtout une deuxième partie consacrée aux troubles de l'indépendance, et qui permet de comprendre pourquoi la décolonisation congolaise a été si tourmentée, avec les conséquences que l'on connaît aujourd'hui, car les deux situations sont liées. On lira en particulier avec intérêt la postface de Jean-Claude Willame sur le rôle de la mission de l'ONU en 1960 et aujourd'hui.

Un ouvrage qui se lit rapidement et qui mérite de figurer dans toute bibliothèque d'un intéressé de la question.

Une présentation du livre par Colette Braeckman, spécialiste de la question et qui en a rédigé l'introduction, ici.

Stephen L. WRIGHT, The Last Drop. Operation Varsity, March 24-25, 1945, Stackpole Books, 2008, 321 p.


Les 24-25 mars 1945 a lieu l'opération Varsity, une opération aéroportée de grande ampleur (la plus grande en termes d'effectifs et d'appareils engagés en une seule journée et en un seul endroit) qui a pour but de faciliter le franchissement du Rhin en Allemagne du Nord par le 21ème groupe d'armées du maréchal Montgomery. Deux divisions aéroportées, la 6ème britannique et la 17ème américaine, sont larguées près des villes de Hamminkeln et Wesel. Ce fut la dernière grande opération aéroportée de la Seconde Guerre mondiale.

Le livre s'attache à nous présenter l'opération d'après le point de vue de ses participants. On a le droit à une présentation rapide des unités engagées, de la conception et de la préparation du plan, pour ensuite découvrir une série de témoignages classés par unité et secteur d'opérations -6ème division aéroportée britannique et 17ème division aéroportée américaine.






L'ennui avec les sources primaires, c'est que, mises bout à bout, elles deviennent vite fastidieuses à parcourir. Et quand elles ne sont pas mises en contexte, on ne suit plus rien. Et c'est précisément le cas ici : il manque par trop d'informations sur la genèse et le déroulement précis de l'opération. D'autant plus que les sources primaires elles-même sont déséquilibrées en faveur des Britanniques : 130 pages ou presque contre moitié moins côté américain. C'est bien dommage. Les cartes de situation, assez nombreuses, sont trop simples : la légende n'existe pas et le tout manque d'informations. On trouve ceci dit des annexes détaillés sur l'opération, notamment sur le volet aérien.

Cependant, l'ouvrage reste à mon sens incomplet et trop tributaire d'un parti pris : celui de raconter l'opération du point de vue des participants (où il manque d'ailleurs le côté allemand, bien souvent). Ce parti pris aboutit à un résultat insatisfaisant. A enrichir par d'autres lectures sur le même sujet.

mardi 7 septembre 2010

Historicoblog intègre l'Alliance Géostratégique

Cela traînait dans l'air depuis un moment, mais en cette rentrée de septembre 2010, Historicoblog (3) finit par intégrer l'Alliance Géostratégique, cette plate-forme créée début 2009 par les principaux représentants de la blogosphère de défense francophone. Il m'est d'ailleurs souvent arrivé de contribuer sur cette plate-forme depuis sa création en tenant d'abord le blog Ifriqiya, et, depuis janvier 2010, celui-ci.

Cette intégration arrive finalement au bon moment puisque l'article sur l'opération Starlite qui paraîtra sous ma plume dans le n°36 (et pas 37 comme annoncé précédemment) de Champs de bataille sera sans doute le dernier pour un certain temps. Je me concentre en effet sur mon projet de thèse et sur une mise en ligne plus régulière d'articles sur les sujets que j'affectionne, un tournant pris déjà depuis le mois de juin sur Historicoblog. C'est pour cela que l'arrivée dans l'Alliance Géostratégique vient sanctionner cette évolution.

A bientôt donc, sur AGS ou ici-même.