mardi 31 août 2010

Rentrée des classes : ralentissement d'activité

Ca y est, la rentrée est là ! En conséquence, l'activité du blog risque de décroître d'autant... l'été 2010 aura été marqué pour Historicoblog par un changement d'orientation avec la publication de nombreux articles, plus ou moins longs. Cette tendance ayant amené bien plus de lecteurs, je tâcherai de la poursuivre.

J'espère pouvoir passer de temps à autres pour publier quelques billets tout de même...

...et bon courage aussi à tous les collègues !

lundi 30 août 2010

Arlette SERULAZ (dir.), L'ABCDaire de Delacroix, Paris, Flammarion, 1998, 120 p.


Je signale ce volume de la collection ABCdaire de Flammarion qui traite de Delacroix.

Cette collection se propose de traiter un sujet (ici en histoire de l'art, mais cela peut être en histoire également) en dressant un abcdaire des principales notions attachées au thème traité ; ces notions sont classées par thèmes correspondant à des couleurs (ici les oeuvres, l'entourage et le contexte). Toutes les notions sont ensuite classées dans un plan en trois parties/trois sous-parties (un vrai modèle d'école !). Avant l'abcdaire proprement dit, on trouve une brève présentation de Delacroix suivant le plan annoncé ci-dessus.

L'avantage d'une telle collection est d'abord son prix : à 3,95 euros le volume, c'est donné. Niveau taille, c'est l'équivalent d'un Que-Sais-Je, avec un sujet traité par des spécialistes (ici 4), à la différence que le volume est ici superbement illustré -sujet oblige !-, ce qui est la norme dans cette collection. Gros atout pour celle-ci, alors que la plupart des QSJ sont généralement très peu pourvus en la matière. Ces volumes se prêtent bien à une utilisation pédagogique surtout, d'autant plus que Delacroix peut être souvent sollicité (en 4ème, en 2nde...). Et ce davantage depuis que l'histoire de l'art s'intègre au brevet des collèges, et ne tardera pas à avoir la même place au lycée.


Ci-dessous, présentation de la célèbre toile de Delacroix : La Mort de Sardanapale.



Petit clin d'oeil à Jérôme, qui se reconnaîtra ; le fond du clip doit vous rappeler quelque chose en lien avec Delacroix, et notamment l'une de ses oeuvres...

samedi 28 août 2010

"Je m'en vais, mais je demeurerai toujours" : le faux débat sur les nouveaux programmes d'histoire au collège


Alors que la rentrée 2010 approche, voilà qu'éclate une nouvelle polémique sur les programmes d'histoire au collège, cette fois-ci. Les nouveaux programmes de 2nde avaient eux aussi suscité des débats passionnés pendant l'année scolaire 2009-2010 ; on verra ce que donne leur application bientôt ! Reste que le contenu était loin d'être satisfaisant, avec un parti pris idéologique et conceptuel assez net.

En ce qui concerne les programmes de collège, notons déjà une chose : la réforme est en cours depuis 2008, date où sont parus les bulletins officiels contenant les fameux programmes... autrement dit, le nouveau programme de 6ème est entré en application l'an passé, et le programme de 5ème que je vais personnellement tester pour la première fois avec mes collégiens arrive pour cette rentrée 2010. On peut être un peu surpris de ce décalage dans le temps ; mais, tout simplement, c'est que l'heure des programmes de 4ème a sonné, si j'ose dire. En effet, ils seront appliqués dès la rentrée 2011. C'est pour cela que beaucoup commencent à s'inquiéter, apparemment.



vendredi 27 août 2010

Vang Pao : la guerre de reconquête du Laos n'aura pas lieu




Les Hmongs1 ont été sans doute l'une des victimes les plus tragiques des conflits de la guerre froide entre les Etats-Unis, l'URSS et leurs alliés par lesquels se menaient des affrontements « indirects », si l'on peut dire. Pendant la guerre du Viêtnam et son « extension secrète » au Laos, les Hmongs se sont rangés dans le camp américain sous la bannière de leur chef militaire, le général Vang Pao. En 2007, la guerre contre le terrorisme menée par les Etats-Unis a rattrapé Vang Pao, exilé depuis la prise du pouvoir par les communistes en Californie. Les autorités américaines l'ont comparé à Ben Laden, l'ont accusé de vouloir tuer des milliers de personnes dans son pays natal. Peu d'anciens alliés des Etats-Unis ont connu un tel revirement de fortune2. Les accusations portées contre Vang Pao ont provoqué des réactions indignées des officiers de renseignement chargés de travailler avec lui pendant la guerre du Viêtnam ; ceux-ci rappellent avec bon sens que ce sont eux, les agents de la CIA, qui l'ont entraîné à faire ce dont on l'accuse aujourd'hui... c'est en particulier le cas de Roger Warner, auteur d'un livre sur la guerre secrète menée au Laos par les Etats-Unis3. Il faut dire que le parcours de Vang Pao n'est guère représentatif de la majorité des Hmongs vaincus à la fin de la « guerre secrète » et obligés de fuir ou de prendre le maquis. Cet article propose d'y voir plus clair sur cette question.





Vang Pao à la base de Pa Dong, au Laos, en 1961.




Adieu Macao

Une pensée pour mon chien Macao, un Westie de 14 ans et demi qui est parti vers un monde meilleur hier soir... c'était un chien que nous avions récupéré en février, lâchement abandonné par ses précédents propriétaires.

Il illustrait parfaitement le proverbe selon lequel le chien est le meilleur ami de l'homme... une vraie crême.

Victor Hugo a dit un jour : "Le chien a son sourire dans la queue." . C'était vrai pour Macao.

Comme était vraie pour lui cette citation de Montaigne : "L'amitié des chiens est sans conteste plus vive et plus constante que celle des hommes."

Articles : le point

Un petit point sur les articles prévus, en cours de rédaction ou terminés :

- pour Champs de bataille : un article sur l'opération Starlite paraîtra sans doute dans le numéro 37 en fin d'année. C'est un petit article de synthèse loin d'être exhaustif, il sera complété par un autre ici même. Je prépare celui sur Sibley (photo ci-contre) et la campagne du Nouveau-Mexique (1862).

- il me reste également à rédiger un troisième article sur la guerre de l'Ogaden.

- je tiens compte des résultats des deux sondages de cet été pour la suite (guerre Ethiopie/Erythrée ; guerre de partisans au Kansas/Missouri pendant la guerre de Sécession ; raid sur le camp de Son Tay ; bataille de Ia Drang).

S'il y a d'autres requêtes, n'hésitez pas à vous manifester par le biais des commentaires.

mercredi 25 août 2010

Retour sur les montagnes tragiques


Un petit retour sur le livre de Jane Hamilton-Merritt que je signalais précédemment sur ce blog, et sur le sort tragique des Hmongs, ces combattants tribaux laotiens recrutés par les Américains pour combattre les communistes pendant la guerre du Viêtnam.

La Plaine des Jarres, au Laos, où ont largement opéré les Hmongs pendant le conflit a reçu entre 1968 et 1972 plus de bombes que le tonnage total largué par les Américains pendant la Seconde Guerre mondiale, sur une superficie moindre de celle de l'Etat du Wyoming aux Etats-Unis (230 000 km²).

La guerre civile au Laos où les Américains ont opéré en parallèle de leur engagement au Viêtnam divisait toujours les Etats-Unis en 2002, date à laquelle on a proposé de nommer un parc à l'université du Wisconsin, Madison, du nom du général Vang Pao, le chef des Hmongs pendant le conflit. Or la personnalité de celui-ci est controversée, notamment sur le problème du trafic d'héroïne et de son rôle de chef militaire. L'historien Alfred Mc Coy, dans son ouvrage The Politics of Heroin in Southeast Asia, qualifiait Vang Pao de "seigneur de guerre despotique" trafiquant l'opium, et il est alors intervenu dans le débat. Des vétérans hmongs ont alors manifesté pour demander sa démission, ce qu'a refusé l'université.







Dans son livre, Jane Hamilton-Merritt n'évoque pas la question, car celui-ci est tout de même un éloge de l'action de Vang Pao pendant cette guerre. En évacuant sa participation au Triangle d'Or, elle minimise aussi l'impact des cultures d'opium pour les Hmongs, qui en étaient les principaux producteurs au Laos à ce moment-là. L'opium faisait tourner l'économie de guerre des Hmongs et s'associait à la défense de la terre et de la tribu, données fondamentales du combat mené par ces derniers.

La CIA s'est servi de ce trafic pour payer les Hmongs en tant que mercenaires. Mc Coy avait interrogé des fermiers hmongs qui décrivaient l'arrivée des hélicoptères d'Air America (compagnie aérienne écran de la CIA), l'acheminement par les officiers de Vang Pao de l'opium tandis que les hélicoptères retournaient à Long Chieng, base aérienne de la CIA qui comprenait aussi un laboratoire d'héroïne. Mc Coy reliait aussi Vang Pao et ses officiers au commerce d'opium d'après les témoignages de marchands chinois de Vientane.  




Air America avait donc une grande part dans le trafic d'opium au Laos, dans la logique du soutien fourni au même trafic effectué par le Kuomintang dans les années 50. L'activité d'Air America permettait aussi d'entretenir une activité pour une grande compagnie comme la PanAm en Asie du Sud-Est ; par ailleurs, beaucoup d'anciens de la compagnie ont été recrutés par les compagnies pétrolières opérant dans la région et cherchant à constituer leur propre réseau de renseignements. Au Laos, avec les Hmongs, la CIA s'est contenté de donner un coup d'accélérateur à la culture d'opium en mettant ses appareils à la disposition de Vang Pao pour le collecter sur les hauts-plateaux. Fin 1969, des laboratoires d'héroïne ont été ouverts dans le Triangle d'Or qui exportaient leur marchandise pour les soldats américains au Viêtnam ; après la guerre, le trafic se faisait directement en direction des Etats-Unis, captant près de 30 % du marché.







Cela n'efface en rien les sacrifices subis par les Hmongs, dont un tiers périt durant la guerre civile, un autre tiers devint réfugié, sur une population de 300 000 personnes. Les communistes avaient gagné la partie en décembre 1976 avec la création de la République Populaire Démocratique du Laos, mais trois divisions de réguliers nord-viêtnamiens restèrent sur place pour appuyer le "camarade laotien". Vang Pao s'est toujours présenté comme un anticommuniste fervent : en 1969, l'armée qu'il dirigeait dans la plaine des Jarres comptait 30 à 40 000 combattants (10 % de la population hmong !) et les pertes furent telles qu'en 1975, les troupes comprenaient en fait une majorité d'enfants-soldats. Réfugié en Californie, Vang Pao milite toujours contre le régime communiste du Laos et pour un retour des réfugiés dans leur patrie. Aujourd'hui pourtant, les Hmongs nés dans les pays d'accueil et en particulier aux Etats-Unis (200 000 au Wisconsin, au Minnesota et en Californie surtout) sont beaucoup moins portés à de telles attitudes que leurs aînés, à l'image des exilés Russes blancs de San Francisco ou des Cubains de Floride.

Le 4 juin 2007 pourtant, le Département de la Justice américain a lancé un mandat d'arrêt contre Vang Pao, accusé de rassembler des armes pour renverser le gouvernement communiste laotien : entre autres des fusils d'assaut AK-47, des missiles sol-air Stinger, des lance roquettes antichars M72 Law et AT-4 Spigot, des mines, des roquettes, des explosifs  C-4et des grenades fumigènes. Les arrestations et la découverte du complot ont pu se faire grâce à une opération d'infiltration du réseau fournissant les armes aux leaders hmongs par un agent de l'ATF. Cependant, le 18 septembre 2009, les charges contre Vang Pao ont été abandonnées.

Ironie du sort, 2007 avait vu aussi le sort des Hmongs remis sur le devant de la scène par le film de Clint Eastwood, Gran Torino, qui implique de nombreux acteurs de cette communauté de réfugiés qui n'a pas fini de faire parler d'elle...

mardi 24 août 2010

Clio & Mars et alii

Aujourd'hui, je rattrape un retard en signalant le blog Clio & Mars, ouvert il y a quelques mois et tenu par Béatrice Richard, une Québecoise qui enseigne au Collège Militaire Royal du Canada -s'il-vous-plaît ! Il figure déjà depuis quelques temps dans la blogroll à droite de la page d'accueil.

Il faut lire le dernier billet consacré à l'historique de l'histoire militaire, justement, une lecture qui est pour moi d'actualité... avec une bibliographie abondante qui complète le tout.


Dans un autre registre, SD parle ce mardi sur son blog Pour convaincre... de la question de l'enseignement de la défense à l'école. J'ai déjà posté un commentaire mais le sujet m'intéresse : ça mériterait peut-être un billet sous peu... mais il y a beaucoup à dire et la rentrée approche !

Petit bilan prochainement sur les articles en cours d'écriture ou en voie de publication ici et ailleurs...

dimanche 22 août 2010

Lloyd CLARK, Anzio. The Friction of War. Italy and the Battle for Rome 1944, Headline Review, 2006, 392 p.

Je signale cet excellent livre sur la bataille d'Anzio (1944), acheté suite à mon article sur le rôle dans l'artillerie au sein de cet affrontement de la campagne d'Italie. C'est d'ailleurs la synthèse la plus récente sur le sujet.

L'auteur, Lloyd Clark, reconstitue méticuleusement les tenants et les aboutissants de l'opération Shingle, avec des témoignages issus des deux côtés, ce qui est intéressant. Des cartes de situation sont placées en tête de chaque chapitre, ce qui permet de s'y retrouver géographiquement parlant dans le texte. On trouve aussi deux volets de photographies et la bibliographie appropriée.

Bref, une lecture chaudement recommandée à ceux qui veulent creuser la question.

samedi 21 août 2010

Résultats du sondage : article sur la guerre du Viêtnam

Vous avez été une bonne douzaine à répondre à ce petit sondage d'une semaine et ce malgré les vacances.

L'évolution des réponses est intéressante puisqu'au départ, les deux sujets les plus originaux (Starlite et Son Tay) avaient obtenu le gros des suffrages. Les derniers votants ont fait pencher la balance du côté de Ia Drang, sujet pourtant plus classique à mon sens. Je reste surpris qu'Hué n'ait pas recueilli plus de votes.

Merci en tout cas d'avoir exprimé votre avis !

mardi 17 août 2010

Medal of Honor : Allied Assault : « the American Way of History »

Voici un nouvel article en liaison avec le thème du mois de l'Alliance Géostratégique.






Le jeu PC Medal of Honor : Allied Assault, développé par la société 2015, Inc et édité par EA Games, sorti en 2002, est vite devenu l'un des First-Person Shooter (FPS) 1 de légende de l'histoire des jeux vidéo. Basé sur le moteur de Quake III Arena,2 il simule les combats sur le théâtre occidental de la Seconde Guerre mondiale (Afrique du Nord, Norvège et campagne de 1944-1945 en France et en Allemagne) menés par les forces américaines. Dans le jeu, vous incarnez le lieutenant Powell, des Rangers3 de l'US Army, mais qui travaille en fait pour l'Office of Strategic Services (OSS), le fameux ancêtre de la CIA.




Le jeu a été inspiré par Steven Spielberg : on ne s'étonnera donc pas d'y sentir l'influence d'un Saving Private Ryan (1998) et même de Band of Brothers (2001) -encore que l'on voit plus l'héritage de cette dernière série dans la première extension du jeu, Medal of Honor : Allied Assault-Spearhead (en français, En Formation). Le but du présent article est de montrer comment le jeu Medal of Honor reflète une vision typiquement américaine de l'engagement des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. Pour ce faire, nous allons passer en revue les six missions proposées par le jeu et décortiquer les références sous-jacentes au propos de ce véritable phénomène ludique.


lundi 16 août 2010

Christof THOENES, Raphaël 1483-1520, Paris, Taschen, 2005, 96 p.


"C'est ce que j'avais su d'avance, mais voyais désormais par moi-même : il a toujours fait ce que d'autres désiraient faire..." .

Voici la citation de Goethe qui figure à l'intérieur de l'encart de couverture de ce petit ouvrage, sans prétention, sur le peintre Raphaël, pour caractériser l'oeuvre de celui-ci.

Je cite également ce livre ici car il est d'abord d'un prix tout à fait abordable pour son sujet, ce qui est rarement le cas des ouvrages d'histoire de l'art : à moins de 10 euros, on peut trouver quelque chose qui permet de débuter sur ce monument de la Renaissance qu'est Raphaël.

Le livre, abondamment illustré comme il se doit, est farci de termes assez techniques qu'on ne maîtrise pas forcément tous. Ceci étant, le texte est agréable et pas trop chargé ; les illustrations étant numérotées, on peut se repérer facilement à celles évoquées dans le texte, même si une mise en parallèle sur la même page de l'oeuvre et du texte aurait sans doute été idéale.






Au final, cependant, un livre intéressant, abordable et muni d'une solide bibliographie. Recommandé pour ceux qui, comme moi, souhaitent se perfectionner dans l'histoire de l'art.

Gérard DOREL, Atlas de l'empire américain. Etats-Unis : géostratégie de l'hyperpuissance, Atlas/Monde, Paris, Autrement, 2006, 80 p.

Un ancien atlas des éditions Autrement -je dis ancien car il date de 2006, et en géographie cela compte plus qu'en histoire- que je viens de terminer et que je cite ici car il vaut le détour. Il est l'oeuvre de Gérard Dorel, professeur de géographie spécialiste de l'Amérique du Nord.

Je le cite non seulement en raison du plan choisi -construction de l'empire, caractéristiques et remise en cause-, mais aussi parce que certaines cartes de l'atlas comprennent elles-mêmes un plan interne, ce que je trouve intéressant et ce que je n'ai jusqu'alors pas souvent vu dans les nombreux atlas des éditions Autrement.

Les figurés choisis sur les cartes ne sont pas trop mal non plus -ce qui est parfois un problème dans cette collection- et on pardonnera ainsi les quelques erreurs de dates ici ou là (le 45 de 1945 inversé à un endroit, la guerre de Corée qui se termine bizarrement en 1952).

La deuxième partie sur les caractéristiques de l'empire américain est la plus fournie et, sans doute, la plus instructive. On reste parfois sur sa faim concernant certains aspects mais c'est aussi le format des atlas Autrement qui veut ça, c'est d'ailleurs un problème récurrent dans cette collection. Ceci étant, voici une lecture rapide qui permet de disposer d'une bonne base de connaissances sur la puissance des Etats-Unis.

dimanche 15 août 2010

Jane HAMILTON-MERRITT, Tragic Mountains. The Hmong, the Americans and the secret wars for Laos, 1942-1992, Indiana University Press, 1993, 580 p.


Toujours dans ma période "guerre du Viêtnam", je viens d'achever cet ouvrage en anglais écrit par Jane Hamilton-Merritt, journaliste et correspondante de guerre pendant le conflit.

Son livre évoque le sort tragique du peuple des Hmongs, parfois appelés en français Méos, des montagnards du Laos qui se dressèrent d'abord, pendant la Seconde Guerre mondiale, contre l'occupant japonais. Ils fournirent une aide substantielle aux missions alliées d'infiltration derrière les lignes adverses en 1945, après l'invasion de l'Indochine française par les troupes de l'empereur le 9 mars de cette même année.

Suite au déclenchement de la guerre froide, ils se rallièrent largement à l'effort français pendant la guerre d'Indochine (1946-1954), bien que l'on trouve déjà certains "Hmongs rouges" alliés au Viêtminh. Il ne faut pas oublier d'ailleurs que la bataille de Dien Bien Phu, qui décida largement du sort de la guerre d'Indochine, s'est déroulée près du territoire laotien, à la frontière Viêtnam-Laos. Une opération de secours fut d'ailleurs montée avec l'aide des partisans Hmongs encadrés par des officiers français pour secourir, en vain, le camp retranché (voir ci-dessous la vidéo et le témoignage du capitaine Sassi).







Après la partition du Viêtnam en deux à la conférence de Genève, le Nord-Viêtnam s'attacha à conserver son emprise sur le Laos. Ce petit pays voisin du Viêtnam fut en fait le premier champ d'affrontement de ce qui allait devenir la guerre du Viêtnam menée par les Américains : la CIA, notamment par le biais de sa compagnie aérienne écran Air America, y mène des opérations spéciales dès la fin des années 50. Les Hmongs furent une composante importante de l'effort de guerre américain au Laos : connaissant parfaitement le terrain, ils menèrent une véritable guérilla contre les communistes du Pathet Lao et les troupes nord-viêtnamiennes, soutenus par l'appui aérien et les hélicoptères américains. Certains furent même entraînés au pilotage pour mener des missions sur T-28. Leur chef, le général Vang Pao, devient vite une légende dans cette guerre souterraine occultée par la voisine viêtnamienne.






Car "oubliés" est un adjectif qui malheureusement colle trop bien aux Hmongs, victimes indirectes du retrait américain et des accords de Paris de 1973. L'armée nord-viêtnamienne s'empare du Sud en avril 1975 ; en mai, les Khmers Rouges contrôlent le Cambodge ; dans le même temps, le Laos passe aux mains des communistes. Appuyés par les camarades nord-viêtnamiens, le Pathet Lao va alors mener une véritable guerre d'extermination contre les Hmong accusés d'être des valets de l'impérialisme américain : arrestations massives et expéditions dans des goulags ironiquement baptisés "séminaires", exécutions massives, exactions de toutes sortes, et surtout une guerre chimique menée par voie aérienne avec des armes fournies par l'URSS qui avait pourtant ratifié le traité sur les armes bactériologiques et chimiques en 1972 ; d'ailleurs, l'incident de Servdlovsk en avril 1979, où des spores d'anthrax furent dispersés dans l'atmosphère après un problème dans un complexe militaire travaillant sur les armes bactériologiques, jeta le doute sur le respect de la convention par les Soviétiques.  Certains Hmongs réussissent à fuir avec les Américains en 1975 et s'installent en Occident. D'autres parviennent, au prix de longues souffrances, à gagner la Thaïlande où ils sont entassés dans des camps de réfugiés, à la merci des revirements politiques thaïlandais, un pays devenu le principal rempart des Américains contre le communisme dans cette région du monde, avec la chute de Saïgon.

La chute de l'URSS et du bloc soviétique n'atténue en rien le sort des Hmong, les communistes du Pathet Lao restant au pouvoir et continuant leurs bombardements chimiques ; ironie cruelle, on demande même aux Hmongs de regagner volontairement le Laos, où les attendent torture et mort rapide...







Un ouvrage confondant sur une histoire tragique, ainsi que l'annonce le titre. L'auteur n'étant pas historienne de formation, le récit se compose essentiellement de témoignages. La lecture en est parfois frustrante car le déroulement des opérations militaires et l'histoire des différents conflits est un peu floue. En revanche, l'ouvrage est abondamment illustré par deux volets photos et des cartes. C'est évidemment un livre militant défendant la cause des Hmongs, mais on prend plaisir à le lire. Recommandé.

samedi 14 août 2010

Sondage : guerre du Viêtnam


Je propose un nouveau sondage dans la colonne de droite pour un prochaine article sur la guerre du Viêtnam. Les lecteurs du blog auront sans doute remarqué que je m'intéresse beaucoup à ce conflit ces dernières semaines.

Je vous propose quatre choix pour le futur article :

1) L'opération Starlite, la première grande bataille de la guerre entre Américains et le Vietcong, en août 1965.

2) La fameuse bataille de Ia Drang en novembre 1965, objet du livre puis du film We Were Soldiers.

3) La bataille de Hué pendant l'offensive du Têt (janvie-mars 1968).

4) Le raid américain sur le camp de prisonniers de Son Tay au Nord-Viêtnam (novembre 1970).

Vous pouvez voter dès à présent et ce pour encore quelques jours !

vendredi 13 août 2010

« Red Dawn » : World in Conflict ou l'adaptation en jeu vidéo d'un scénario « Troisième Guerre mondiale »




Ci-dessus, une des bandes-annonces de World in Conflict.



Voici un petit article en lien avec le thème du mois d'août de l'Alliance Géostratégique, "Jeux Stratégiques".


En septembre 2007 sortait un nouveau jeu vidéo PC, déclinaison du type « real-time tactics » 1, produit par la société de développement suédoise Massive Entertainment : World in Conflict, et édité par Sierra2. Le jeu s'inspire largement d'un prédécesseur, Ground Control3, qui avait rencontré, lui aussi, l'approbation du public : le joueur contrôle des unités militaires qui lui sont attribuées directement ou sous la forme de renforts aéroportés qu'il doit acheter par le biais d'un certain nombre de points, acquis notamment par les destructions opérées sur l'adversaire. Lorsqu'une unité est détruite, le joueur regagne automatiquement les points de renfort correspondant à la valeur de l'unité perdue. L'on dispose d'unités d'infanterie, de blindés, d'hélicoptères et d'unités d'artillerie qui peuvent avoir des capacités spéciales, offensives ou défensives. Ces unités sont assez variées et apparaissent progressivement dans la campagne en solitaire, ce qui réserve un petit élément de surprise dans la découverte des moyens à sa disposition.

Ci-dessous, la bande-annonce de Ground Control 2.







mercredi 11 août 2010

La véritable « Agence tous risques » : un aperçu de l'action des US Special Forces au Viêtnam dans les CIDG (1961-1965).




Popularisée par des séries télévisées comme « l'Agence tous risques »1 (en anglais le titre de la série est d'ailleurs A-Team, désignation de l'unité de base des forces spéciales américaines) et surtout par la mythique quadrilogie des films Rambo, le Béret Vert américain est devenu un élément incontournable du panthéon militaire hollywoodien. Pourtant, au-delà de l'image de « gros bras » et de machines de guerre qui collent depuis lors aux forces spéciales américaines, celles-ci relèvent à l'origine d'une perspective bien différente. Leur premier champ de bataille fut aussi la première défaite militaire des Etats-Unis, la guerre du Viêtnam, défaite également à l'origine du personnage même de Rambo, censé illustrer les forces spéciales américaines. Voici un aperçu de l'action des US Special Forces pendant la guerre du Viêtnam à travers la mise en oeuvre, notamment, du programme CIDG. Ces lignes sont tirées d'un document officiel de l'US Army publié juste après la fin du conflit, en 1973 : Francis John Kelly, U.S. Army Special Forces 1961-1971, Vietnam Studies, CMH Publication 90-23, Department of the Army, Washington, D.C., 1989 (réédition), introduction et chapitres I à III.



Résultats du sondage

Le sondage réalisé sur le futur article pour Champs de bataille est terminé.

Il confirme mes présupposés, à savoir que beaucoup des votants souhaitent un article sur la guerre Ethiopie-Erythrée (1998-2000) dans la lignée de l'article sur la guerre de l'Ogaden. Je n'en ai d'ailleurs pas encore fini avec ce dernier conflit : un troisième article est en préparation...

Je suis satisfait aussi de voir que mes propositions sur la guerre de Sécession, notamment celle sur la guerre de partisans dans le Kansas et le Missouri, ont été plébiscitées. Ce thème est donc ajouté au programme des articles à venir prochainement. Il y en aura un quand même sur la campagne de Sibley au Nouveau-Mexique, que j'ai prévu de longue date...

Bannière Historicoblog : merci à Charles Bwele

Historicoblog (3) s'enrichit d'une bannière personnalisée réalisée par M. Charles Bwele, auteur du blog Electrosphère, membre de l'Alliance Géostratégique et qui a d'ailleurs réalisé un certain nombre d'autres bannières pour les blogs de l'AGS.

Un grand merci à lui !