vendredi 30 juillet 2010

Publication d'articles sur l'Alliance Géostratégique : le point fin juillet

L'Alliance Géostratégique avait publié au début du mois l'article que j'avais consacré au siège de Khe Sanh, en rapport avec le thème du mois sur l'artillerie.

La collaboration avec le site continuera normalement en août et par la suite. Je remercie aussi en passant l'un des membres de l'Alliance, Yannick Harrel, qui a consacré un billet au dernier article que j'ai mis en ligne aujourd'hui sur la Somalie. Son blog est à parcourir, il figure d'ailleurs dans ma blogroll à droite de la page.

Blog en pause

Le blog sera en pause quelques temps en raison d'un déménagement et de la coupure Internet qui se produira en conséquence...

A bientôt !

Quand la « menace fantôme » devient réalité : invention et concrétisation du terrorisme islamiste en Somalie

Voici un article complémentaire à celui que j'avais publié au début du mois de juillet ; l'analyse est plus fine sur certains aspects grâce à la lecture de divers articles anglo-saxons, en particulier.



La Somalie, depuis la chute du dictateur Siad Barre en 1991, a souvent fait les gros titres des média internationaux pour leurs thèmes de prédilection : guerre civile, luttes entre clans, crise humanitaire, Etat failli, et maintenant repaire de terroristes islamistes. De fait pourtant, l'islamisme à la sauce Al-Qaïda, n'a commencé à s'implanter durablement qu'en 2006. Cette année-là, l'Union des Tribunaux Islamiques écrase une coalition fantoche de seigneurs de guerre armés par la CIA et étend son contrôle sur le centre et le sud de la Somalie, avant d'être mise à bas en décembre de la même année par une intervention de l'armée éthiopienne, toujours soutenue par les Etats-Unis. Depuis lors, des groupes radicaux comme Al-Shabaab et Hizbul-Islam combattent le gouvernement fédéral de transition somalien dirigé depuis janvier 2009 par Sheikh Sharif Sheikh Ahmed, l'ancien chef des Tribunaux Islamiques chassés du pouvoir en 2006, et représentant un courant plus « modéré » et surtout plus traditionnel de l'islam somalien. Alors qu'après les attentats du 11 septembre, les affrontements en Somalie relevaient encore des logiques propres à la guerre civile déclenchée en 1991, certains acteurs locaux et régionaux (Ethiopie et seigneurs de guerre en particulier) se sont emparés de la rhétorique terroriste pour obtenir ressources et soutiens variés 1 afin de soutenir leurs propres ambitions.




Comment l'islamisme s'est-il implanté en Somalie ? Les Tribunaux Islamiques représentaient-ils vraiment une menace pour les Etats-Unis dans leur guerre contre le terrorisme islamiste ? Quelle est la part de récupération et d'instrumentalisation des acteurs locaux et régionaux dans l'utilisation du vocabulaire terroriste appliqué à la situation en Somalie ? Ces mêmes acteurs n'ont-ils pas employé ce lexique à leurs propres fins ? La puissance du mouvement Al-Shabaab actuellement ne serait-elle pas directement issue d'une application tronquée d'un schéma binaire terroristes/anti-terrroristes au conflit somalien ? Autant de questions auxquelles cet article se propose d'apporter quelques réponses, à partir d'analyses de spécialistes.



lundi 12 juillet 2010

Le site de Mappemonde fait peau neuve...

Le site de la revue de géographie Mappemonde a été changé, et la nouvelle présentation est des plus agréables (ci-contre, l'ancienne).

Avec en prime un article très intéressant dans le dernier numéro sur la Namibie, à lire (ça m'aurait bien servi à l'oral de l'agrégation, en géographie).

samedi 10 juillet 2010

Un Dien Bien Phu manqué au Viêtnam ? L'appui-feu pendant le siège de Khe Sanh (21 janvier-8 avril 1968)

Toujours dans la lignée du thème du mois d'Alliance Géostratégique, un autre article sur la guerre du Viêtnam cette fois-ci... bonne lecture !


Pendant la guerre du Viêtnam, la base de Khe Sanh, située au nord-ouest du Sud-Viêtnam, se trouve à proximité de deux sanctuaires nord-viêtnamiens : le Laos, à 16 km à l'ouest, et la zone démilitarisée, à 25 km au nord. Installée dans la province de Quang Tri, elle fait partie d'une série de positions fortifiées destinées à stopper les infiltrations nord-viêtnamiennes au Sud-Viêtnam. Une jungle épaisse recouvre toute la région, rendant le camouflage particulièrement aisé. Le renforcement de la base, initialement créée et occupée par les forces spéciales américaines, par des Marines, avait été voulue par le commandant en chef américain au Viêtnam, Westmoreland, pour ancrer la ligne de défense de la zone démilitarisée à l'ouest et frapper le Laos par lequel passait la fameuse piste Hô Chi Minh, utilisée pour acheminer des troupes et du matériel jusqu'au Sud-Viêtnam. Westmoreland pensait aussi attirer le corps de bataille nord-viêtnamien et l'écraser sous la puissance de feu massive à sa disposition, comme les Français l'avaient voulu à Dien Bien Phu en 1954, dans une région, de surcroît, assez isolée et peu peuplée. Le siège de Khe Sanh (21 janvier-8 avril 1968) fut vite monté en épingle par les Américains pour illustrer l'esprit de résistance et la puissance technologique des Etats-Unis dans le moment difficile que constituait l'offensive du Têt ; pourtant, à l'image du résultat final de cette bataille décisive de la guerre du Viêtnam, le succès des Marines à Khe San ne fut que tactique, sans aucune implication stratégique. L'offensive nord-viêtnamienne près de la frontière aurait même servi à détourner l'attention des Américains des secteurs où les forces d'Hanoï se concentraient pour lancer leur opération coup de poing du Têt.

Carte de la base de Khe Sanh et de ses alentours, objet des combats et du siège de 1968.



Le but du présent article est de revenir sur l'appui-feu apporté aux Marines assiégés dans Khe Sanh. Comment a-t-il été planifié, quelles formes a-t-il revêtu et quels ont été ses résultats ? A-t-il véritablement permis d'éviter aux Américains un autre Dien Bien Phu ?

vendredi 9 juillet 2010

Champs de bataille Seconde Guerre mondiale n°7 et Champs de bataille n°34


Dernières lectures pour les numéros de Champs de bataille actuellement disponibles.






Le dernier avatar de la version Seconde Guerre mondiale est consacré à l'invasion du Danemark et de la Norvège à partir du 9 avril 1940 et de la réaction alliée jusqu'à la défaite de mai-juin 1940. C'est un numéro conséquent, bien illustré et assez complet, mais la bibliographie fournie page 11 semble d'ailleurs un peu courte pour toutes ces informations ; mais au moins, elle est présente. J'ai oublié de dire que le magazine Seconde Guerre mondiale présente toujours un film portant sur le conflit dans la rubrique Faits de guerre, ce qui est une bonne idée (ici, Norvège oblige, il s'agit du film Les Héros de Télémark).







Le numéro 34 de Champs de bataille "classique" est lui consacré à l'Afrique du Sud, en parallèle de la Coupe du Monde de football, évidemment... on y trouve un excellent dossier sur la guerre de contre-insurrection en Rhodésie (actuel Zimbabwe) ; pour ceux qui sont intéressés, un film à voir, Le Putsch des mercenaires (1979), mauvaise traduction française d'un titre anglais bien plus subtil... tous les autres articles sont malheureusement dépourvus de bibliographie, ce qui est dommage car ils sont intéressants (guerre des Boers en particulier). C'est donc un recul par rapport au numéro précédent, la bonne tendance que je soulignais est donc à confirmer...

mercredi 7 juillet 2010

Sondage pour de prochains articles

Nouvelle mise en ligne d'un sondage dans la barre de droite du blog pour connaître vos sentiments sur les thèmes de futurs articles dans Champs de bataille ou ailleurs, combinés à des compléments sur le blog comme je l'ai fait pour la guerre de l'Ogaden...

Les sujets proposés sont ceux que j'étudie depuis quelque temps.

Un mois pour donner votre avis sur la question !

Publication d'articles sur la toile

L'Alliance Géostratégique a mis en ligne deux de mes récents articles parus ici-même, celui sur les Maï Maï et le dernier en date sur l'artillerie à Anzio. Merci à Charles et à Olivier !

Je remercie aussi Sonia qui avait commenté l'article sur la Somalie et qui l'a disposé sur son propre blog, Good Morning Afrika, qui prend bien la suite du défunt blog Ifriqiya !

lundi 5 juillet 2010

Le syndrôme « Anzio Annie » . Le rôle de l'artillerie dans la bataille d'Anzio-Nettuno (22 janvier-25 mai 1944)



Dans le cadre du nouveau thème du mois de juillet proposé par l'Alliance Géostratégique, voici un article en plein dans le vif du sujet !




Le matin du 22 janvier 1944 débute l'opération Shingle (galet) : la 5ème armée anglo-américaine débarque sur les plages d'Anzio et Nettuno. La résistance est si faible que tous les objectifs sont atteints dès midi ; au jour-J, les troupes alliées se sont enfoncées à 6 km à l'intérieur des terres. Le débarquement a lieu à 50 km au sud de Rome et à 90 km au nord-ouest de la principale ligne de défense allemande en Italie, la ligne Gustav, arc-boutée sur le Monte Cassino, où les Alliés butent alors en vain. Il prend complètement par surprise les Allemands. Dans la semaine qui suit, alors que les Alliés se contentent de consolider la tête de pont, les Allemands vont être capable de rassembler suffisamment de troupes pour bloquer toute exploitation du débarquement. Les quatre mois qui suivent dans la tête de pont d'Anzio vont compter parmi les plus durs combats de la campagne d'Italie entre 1943 et 1945 1.

Situation stratégique des Alliés en Italie, janvier 1944.


Photo de reconnaissance de la zone du débarquement.



Les combats se transforment en une guerre de positions extrêmement coûteuse caractérisée par un intense échange de feu indirect. Le but du présent article est d'insister plus particulièrement sur le rôle de l'artillerie dans les combats dans et autour de la tête de pont d'Anzio/Nettuno.


Champs de bataille Seconde Guerre mondiale n°6, Champs de bataille n°33 et Champs de bataille thématique n°14


J'étais un peu en retard dans mes lectures Champs de bataille, alors je rattrape en ce moment...

La version Seconde Guerre mondiale du magazine s'articule maintenant autour d'un gros article complété par d'autres plus petits. Le dossier du n°6 porte sur Tarawa, et il est bien fait : les deux protagonistes japonais et américains sont passés en revue, les cartes et illustrations sont nombreuses. On regrette peut-être juste une conclusion un peu courte, mais la fiche tactique à la fin du magazine complète cette lacune. Les deux autres petits articles portent sur les croiseurs auxiliaires allemands et le siège de Breslau en 1945. Tous les articles disposent d'une bibliographie indicative, ce qui est excellent : une tendance à confirmer. Pour l'article sur Breslau, difficile d'être exhaustif avec si peu de pages ! Il y a sans doute beaucoup à dire, en particulier du côté soviétique, où il reste encore beaucoup à faire !








Champs de bataille "classique" n°33 est lui aussi bien fourni. On y trouve un excellent article sur la guerre des Malouines, bien illustré, bien écrit et pourvu lui aussi d'une bibliographie indicative. A la fin de la revue, un autre article sur les auxilia gallo-romains à partir de l'exemple de la Cohors I Aquitanorum bénéficie quant à lui d'une bibliographie d'une page (!) et avec du solide. En revanche, les deux autres articles centraux, sur la guerre américano-mexicaine et la bataille de Lund, quoique consistants, ne mentionnent pas leurs sources : dommage, car ils sont tous deux de qualité. C'est d'autant plus étrange que l'auteur du premier est... le même que celui sur la guerre des Malouines ! Je précise aussi qu'il y a un errata sur les illustrations de mon article du n°31, où la mention d'Andrew Andersen, spécialiste de la question et à l'origine des photographies et des cartes, avait été oubliée. Erreur réparée, donc...






Enfin, le Thématique n°14 est consacré à la cavalerie à travers les âges : encore un numéro de qualité. Tous les articles citent leurs sources, sauf un seul, celui sur le corps Abonneau en août 1914... dommage, c'était presque un sans-faute ! Pour le reste, la qualité est là : débuts historique de la cavalerie, cavaliers d'Hannibal, chevaliers teutoniques, dragons, cavalerie polonaise, cavalerie française et allemande, le tout toujours abondamment illustré. Intéressant.





Bref, une bonne fournée de numéros de la revue, mais il me reste encore le dernier Seconde Guerre mondiale et le dernier "classique", spécial Afrique du Sud, à lire !

samedi 3 juillet 2010

Des Tribunaux Islamiques à Al-Shabaab : mythe et réalité de la menace islamiste en Somalie




Situation en Somalie au mois de décembre 2006, à l'apogée des Tribunaux Islamiques.


La prise de Mogadischio en juin 2006 par l'Union des Tribunaux Islamiques a brutalement ramené sur le devant de la scène un pays, la Somalie, que le monde occidental cherchait un peu à oublier depuis la mission des Nations Unies de 1992-1995 -en particulier les Etats-Unis, traumatisés par les pertes subies lors d'une opération spéciale au coeur de la capitale les 3-4 octobre 1993 (objet du fameux film La Chute du Faucon Noir de Ridley Scott, inspiré du livre de Mark Bowden). Depuis lors, la Somalie fait l'objet d'interventions directes et indirectes des Etats-Unis pour lutter contre ce que ceux-ci estiment être la menace d'un Etat islamiste s'installant sur les décombres du pouvoir somalien éclaté depuis 1991, et la chute du dictateur Siad Barre. Avec l'accroissement massif de la piraterie depuis 2007, un autre facteur d'inquiétude est venu s'ajouter au sujet de la Somalie, vue comme un « repaire de flibustiers » et une menace grave pour le commerce maritime mondialisé. Pourtant, une analyse sommaire de la situation montre que le constat est beaucoup plus nuancé ; c'est ce que nous allons présenter ici dans cette petite synthèse qui n'a pas l'ambition d'être exhaustive.




« Camarades contre camarades ». Le volet aérien de la guerre de l'Ogaden (1977-1978).

La guerre de l'Ogaden (juillet 1977-mars 1978) demeure l'un des conflits les plus méconnus de la guerre froide sur le continent africain. C'est pourtant l'un des rares affrontements de type conventionnel s'étant déroulé depuis l'indépendance d'une grande partie des pays africains en 1960, dont on fête en cette année 2010 le 50ème anniversaire. Il a lieu dans la période traditionnellement dénommée « guerre fraîche » au sein de l'ensemble « guerre froide », à un moment où les Soviétiques s'investissent massivement en Afrique et où l'océan Indien et la mer Rouge prennent un intérêt tout particulier pour les Etats-Unis et l'URSS. La guerre a la particularité d'opposer deux Etats, la Somalie et l'Ethiopie, qui se revendiquent tous deux du bloc soviétique et qui vont être tour à tour soutenus par celui-ci.




Carte de situation de l'Ogaden dans son environnement régional.

Résultats du sondage : la Somalie gagne

Le sondage est terminé... et c'est donc un article sur les Tribunaux Islamiques en Somalie qui l'emporte avec une écrasante majorité.
 
Je vais donc me mettre à la tâche dès aujourd'hui... mais que ceux qui ont voté pour l'Ogaden se rassure, ils auront aussi droit à un article, qui, je peux déjà le dire, est déjà écrit, j'avais un peu anticipé sur le résultat...

Ainsi tout le monde sera satisfait !