mercredi 30 juin 2010

Lifting blog + sondage

Quelques petites modifications de forme sont encore intervenues.
Une page supplémentaire a été rajoutée listant les articles écrits pour la revue Champs de bataille, d'autres suivront aussi ; les parties de présentation seront refondues sous peu.

Je teste aussi une autre fonctionnalité de Blogger que je n'avais pas encore employé : le sondage. Vous avez le choix entre deux possibilités pour un prochain article que je me propose d'écrire sous peu...

Réponses avant vendredi soir !

Le nouveau programme de 1ère vu par l'APGH

L'APGH vient de mettre en ligne la critique du nouveau programme de 1ère en histoire-géographie.

Comme pour le nouveau programme de 2nde qui entre en vigueur à la rentrée prochaine, en septembre (en 5ème aussi, au collège, le programme change après celui de 6ème l'an passé), la critique est sévère ; ceci étant le changement prend plus de temps que le programme précédent, ce qui n'est pas un luxe, puisqu'il ne rentrera en application qu'à la rentrée 2011.

Le document est consultable sur le site de l'APGH, ici.

Les principaux points qui posent problème :

- on ne connaît toujours pas les modalités des épreuves des 1ère S qui passeront leur BAC d'histoire-géographie en fin de 1ère. Il est donc regrettable de mener la construction du programme sans connaître sa finalité... et de désarticuler la refonte des programmes sur les trois années du lycée.

- en histoire, un fond qui s'accroche aux grandes thématiques traitées ces dernières années, en revanche une sérieuse perte de chronologisation et de contenu avec quelque chose qui cède un peu trop au "tout thématique". Le second XIXème siècle passe à la trappe.

- en géographie, un programme trop abstrait, aux formulations pesantes et qui n'attireront sans doute pas les élèves. Par ailleurs, à l'image du nouveau programme de 2nde en histoire, ce programme est trop francocentré/européanocentré. Il n'y a aucune ouverture sur le reste du monde ou presque, ce qui est grave dans le cas des 1ère S qui finiront leur histoire-géographie cette année-là s'ils ne prennent pas l'option restante en Terminale.


lundi 28 juin 2010

Ne réveillez pas l'eau qui dort : les Maï Maï dans la guerre au Kivu




Les Maï Maï (littéralement « eau-eau ») se sont imposés progressivement comme un acteur incontournable de la poudrière du Kivu, pour reprendre l'expression de Roland Pourtier1, au sein des conflits multidimensionnels que connaît la République Démocratique du Congo. Par son contrôle des zones rurales et par un discours rituel attirant, les Maï Maï réussissent à recruter des centaines de jeunes et d'enfants-soldats : une jeunesse congolaise marginalisée par défaut d'intégration économique et par un contexte permanent d'insécurité. Mais qui sont ces Maï Maï et d'où vient leur importance actuelle sur la scène congolaise ? C'est ce que cette modeste synthèse cherche à expliquer, alors que le conflit en RDC s'est quelque peu apaisé depuis l'offensive de Laurent Nkunda dans le Kivu, soutenue par le Rwanda, stoppée en janvier 2009, mais sans que les causes structurelles des différents conflits aient été solutionnées pour autant.


dimanche 27 juin 2010

Arrivée des vacances...

Les vacances arrivent enfin ! Après un petit relookage du blog via la plate-forme Blogger, l'été verra sans doute davantage d'articles mis en ligne ici, plutôt que les traditionnelles fiches de lecture dont je me contentais depuis un moment.

Plusieurs projets en tête pour cet été...


vendredi 25 juin 2010

Michael McNally, Ireland 1649-1652. Cromwell's Protestant Crusade, Campaign 213, Londres, Osprey, 2009


Un autre volume des prolifiques éditions Osprey, portant cette fois-ci sur la campagne de Cromwell en Irlande pendant la guerre civile anglaise, après l'exécution du roi Charles Ier (1649).

Ce volume-ci est intéressant car il reflète la nouvelle mouture de ces éditions, appliquée à la série Campaign qui traite des grandes batailles ou campagnes militaires de l'histoire.

On note certaines améliorations : la présence de dessins en noir et blanc stylisés à côté des traditionnelles illustrations en couleur sur une ou deux pages ; des cartes tactiques infiniment plus lisibles à mon sens que dans l'ancienne version ; et un effort global d'illustration, qui était déjà bien fournie, auparavant, en général.

J'ai trouvé ce tome-là assez inégal : la mise en contexte de la campagne est conséquente, en revanche la présentation des armées en présence est très sommaire malgré l'ajout des ordres de bataille. Le déroulement des opérations se suit bien mais demande tout de même une bonne connaissance du contexte générale de la guerre civile, pour bien comprendre le récit. L'auteur s'attache beaucoup à la question du massacre de Drogheda, qui valut une sombre réputation à Cromwell et qui alimenta évidemment la querelle irlandaise jusqu'à aujourd'hui. Les planches couleur sont intéressantes.

Au final, un volume instructif qui demande tout de même à être complété par d'autres lectures.



Pierre MILZA, Les fascismes, Points Histoire, Paris, Seuil, 2001

Voilà un autre ouvrage de référence sur la question des fascismes, terme on ne peut plus galvaudé et détourné et ce depuis longtemps !

La synthèse de Pierre Milza, déjà ancienne, rééditée en 2001 (ce qui laisse un peu sur sa faim, c'est le cas de le dire, pour ces dernières années), fait bien le tour de la question par une revue de l'historiographie du sujet, une définition du terme et une description des différentes variantes (Italie, Allemagne, régimes de l'entre-deux-guerres dans le reste de l'Europe, et après la Seconde Guerre mondiale également).

Incontournable !


dimanche 20 juin 2010

Gregory FREMONT-BARNES, The Indian Mutiny 1857-1858, Essential Histories 68, Londres, Osprey, 2007


Enfin un volume de la collection Essential Histories d'Osprey qui me plaît ! J'en avais acquis un il y a un certain temps et il m'avait relativement déçu... mais ceci explique cela : le premier portait sur un sujet que je maîtrisais déjà bien. Or il me semble que l'intérêt premier de cette collection est de faire découvrir pour la première fois au lecteur non averti un conflit que l'on ne maîtrise pas ou peu.

Dans mon cas, c'était vrai de l'épisode de la Grande Mutinerie qui ébranla les Indes britanniques au milieu du XIXème siècle, un épisode que je connaissais seulement dans ses grandes lignes... et par une référence triviale d'Indiana Jones dans le deuxième tome des aventures d'Harrison Ford, Indiana Jones et le Temple Maudit (1984).




Ce volume constitue une excellente introduction : les principales causes de la révolte sont précisées, le déroulement des opérations est amené de façon synthétique -vu le format- et  illustré par force cartes, documents et témoignages. La conclusion résume bien à la fois les enjeux, les conséquences et les suites de l'épisode. Chapeau donc à l'auteur.

Enfin, une bibliographie conséquente (divisée d'ailleurs en sources primaires et secondaires) permet, si on en a l'envie, de creuser la question. Du coup, la série Essential Histories est remontée dans mon estime, et je sais désormais quels volumes je dois acquérir pour ne pas être déçu !

Peter DAVIES, F-4 Phantom II vs MiG-21. USAF and VPAF in the Vietnam War, Duel 12, Londres, Osprey, 2008


Premier volume de la nouvelle collection Duel d'Osprey que j'achète. Celui-ci porte sur l'affrontement entre F-4 Phantom et MiG-21 pendant la guerre du Viêtnam -sachant que du côté américain, on se limite à l'US Air Force, il n'est donc pas question de l'US Navy... ce qui permet de faire deux volumes, évidemment !

La collection Duel se propose de dresser le portrait de deux machines de guerre particulièrement représentatives d'un conflit. Et c'est bien le cas en ce qui concerne le F-4 Phantom, icône des bombardements américains sur le Nord-Viêtnam, et le MiG-21, appareil le plus perfectionné fourni par le bloc soviétique entre les mains des pilotes communistes viêtnamiens.

L'ouvrage lui-même m'apparaît très inégal. D'un côté, ça part très bien avec une présentation de la genèse des appareils, suivie des différentes caractéristiques des versions successives des deux avions concernés. Suit une remise en contexte avec un exposé de la situation stratégique dans laquelle intervient le duel entre les deux machines. On a droit ensuite à un récapitulatif sur les pilotes eux-mêmes, avec un focus sur l'un des plus représentatifs de chaque côté -Nguyen Van Coc et Robin Olds ici, pour le Nord-Viêtnam et les Etats-Unis respectivement. Par contre, la partie intitulée "Combat" qui décrit le duel, finalement, se résume à un catalogue de récits de combats quotidiens et de témoignages, et c'est assez pénible à lire sur 20 pages. Heureusement, une conclusion en bonne et due forme rattrape le tout. Autre point fort du livre : l'iconographie, abondante et variée. On note aussi la présence d'une bibliographie indicative pour creuser l'affaire.

En somme, une idée intéressante, des choses bien exploitées, mais au final, on reste quand même un peu sur sa faim.



Alejandro DE QUESADA, Stephen WALSH, The Bay of Pigs. Cuba 1961, Elite 166, Londres, Osprey, 2009


Voici un autre volume des éditions Osprey, récemment paru, traitant d'une des opérations les plus rocambolesques et les plus médiatisées de la guerre froide : le débarquement raté d'une force anticastriste entraînée, armée et soutenue par la CIA et par le gouvernement américain du président Kennedy dans la baie des Cochons, à Cuba, moins de deux ans après la prise du pouvoir dans l'île de Fidel Castro, qui avait chassé le dictateur pro-américain Batista le 1er janvier 1959.

C'est un bon volume Osprey, dont on peut a priori se demander pourquoi il est classé dans la collection "Elite" (histoire des forces militaires, des outils, personnalités et techniques de la guerre) -il aurait toute sa place dans la collection "Campaign", qui traite des grandes batailles de l'histoire.

En vérité, c'est parce qu'il traite surtout l'opération du côté anticastriste : l'ouvrage présente rapidement l'accession au pouvoir de Fidel Castro, l'opposition montante au nouveau régime et le soutien apporté à ces derniers groupes par les Etats-Unis (remise en contexte, donc) avant de présenter la création, l'entraînement et le déploiement de la brigade 2506, nom de code de la force anticastriste devant assurer le débarquement. Le récit du débarquement lui-même et de son échec est complet, même si l'on aurait aimé trouver plus de cartes (il n'y en a qu'une seule). En revanche, photos et profils couleurs abondent ; l'on trouvera les ordres de bataille des deux camps en fin de volume, avec une bibliographie indicative pour approfondir. Un livre indispensable pour mieux connaître cette opération ratée qui débouchera sur le crise des missiles de Cuba l'année suivante.

vendredi 18 juin 2010

Olivier ROY, L'Asie Centrale contemporaine, QSHJ, Paris, PUF, 2010


Alors que les violences ont repris au Kirghizistan, il est toujours utile de se replonger dans les fondamentaux de la région... j'avais acheté par hasard il y a peu ce Que-Sais-Je sur l'Asie centrale, en fait une réédition de la première édition parue en 2001. Je me suis décidé à le lire après que de véritables pogroms anti-ouzbeks aient été commis dans la région d'Osh, au sud du Kirghizistan, en lien avec la récente chute du président Bakiev.

Ce volume est intéressant, notamment pour comprendre l'histoire de la région et la manière dont se sont formés les cinq républiques indépendantes à la chute de l'URSS, à travers la période tsariste puis la période soviétique. C'est sans aucun doute le point fort du livre ; en revanche, chaque république est abordée un peu trop sommairement du fait du format, et les informations auraient besoin d'être actualisées, car la réédition ne signifie pas ici mise à jour complète.

Néanmoins cela reste une bonne introduction au sujet.

jeudi 17 juin 2010

Laurent GAYER, Christophe JAFFRELOT (dir.), Milices armées d'Asie du Sud. Privatisation de la violence et implications des Etats, Paris, SciencesPo.Les Presses, 2008

Voici un ouvrage collectif qui se présente comme la somme d'articles portant sur des situations particulières en Asie Sud, au sujet du problème des milices, de la violence et des rapports de celles-ci aux Etats.

J'avais initialement acheté ce livre pour l'article sur les Tigres Tamouls (qui étaient alors en train de perdre leur conflit plusieurs fois décennaire contre l'Etat sri lankais), mais il s'est révélé au final moins intéressant que d'autres au sein de cet ouvrage.

Comme souvent dans tout recueil d'articles, en fait, tous ne se valent pas, en fonction de ce que l'on recherche. Comme je voulais un premier éclairage sur certains points, j'ai apprécié : l'article sur les naxalistes du Bihar en Inde (mouvement maoïste), l'article sur les milices en Birmanie (très clair et très complet), l'article sur le Hizb-ul-Mujahidin au Cachemire, l'article sur le SSP sunnite au Pakistan (très clair aussi), l'article sur les brigades de l'Hindutva en Inde (intéressant) et enfin celui sur les milices du Khalistan. A chaque fois, on est plutôt sur des articles de synthèse qui permettent de prendre connaissance des mouvements en question (historique, fondation, composition, etc) et  sont donc plus abordables par un néophyte. Les autres (maoïstes népalais, LTTE et milices islamistes du Bangladesh) m'ont semblé plus ardu sans doute parce qu'ils s'adressent déjà à un public averti.

C'est en tout cas une somme bien appréciable sur le thème traité dans cette partie du monde. A lire attentivement.



Guerre en Nouvelle-Guinée (1942-1943) : Ghost Mountain Boys et A Bastard of a Place


Parmi mes lectures récentes, deux ouvrages anglo-saxons portant sur la guerre menée par les Alliés en Nouvelle-Guinée contre les Japonais, à partir de l'été 1942 et jusqu'au début 1943, dans la partie est de l'île.

Le premier, The Ghost Mountain Boys, écrit par James Campbell, retrace le parcours de la seule grande unité américaine engagée dans ces combats : la 32nd Infantry Division, une formation de la Garde Nationale qui souffrit particulièrement sur ce théâtre d'opérations, en particulier lors des combats de Buna, après une marche à travers la jungle des monts Owen Stanley, culminant à plus de 3 000 m d'altitude.

L'autre ouvrage, dans la lignée du précédent, écrit par Peter Brune, narre quant à lui la participation australienne à ces mêmes combats, la plus importante et la plus capitale, étant donné que la Nouvelle-Guinée était alors territoire australien. Ces cinq grandes batailles (Kokoda, Milne Bay, Gona, Buna et Sanananda) décidèrent d'ailleurs du sort de l'Australie dans ces premiers mois de la guerre du Pacifique. Exhaustif et prenant.

Pour rester dans le sujet, l'émission La Fabrique de l'histoire sur France Culture a traité cette semaine du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale, justement. Dans l'émission de mercredi, l'ouvrage de Jean-Louis Margolin a été évoqué, celui-là même que j'ai commenté précédemment ici. Un débat entre l'auteur et ses détracteurs n'a malheureusement pas été possible. Les conclusions de l'émission sont en tout cas les mêmes, ou presque, que je formulais, à savoir notamment un manque criant de vulgarisation sur le sujet. Il me reste encore à acheter l'ouvrage de référence, en anglais, sur l'armée japonaise pendant le conflit !

Pour finir, et rester encore sur le thème, un petit extrait du film Merrill's Marauders de Samuel Fuller, sur les combats en Birmanie cette fois :

lundi 14 juin 2010

Les Atlas de l'Histoire n°1-Atlas de la Méditerranée-mai-juin 2010

La revue L'Histoire, principal organe de vulgarisation historique accessible par le plus grand nombre en format papier, lance une nouvelle collection de hors-série sous forme d'atlas, le premier volume étant consacré à la Méditerranée, espace présent dans les programmes du secondaire s'il en est, bien que le thème de la Méditerranée au XIIème siècle, carrefour de civilisations, disparaisse dans les nouveaux programmes de 2nde, hélas...

La plupart des cartes sont intéressantes, mais comme dans les atlas Autrement, certaines ne sont pas exemptes de défaut : celle consacré à l'Empire perse, par exemple (p.15), volontairement centrée sur le coeur de l'Empire, laisse de côté les interactions avec... la Méditerranée, ce qui est dommage. P.19, la carte des voyages d'Ulysse reprend des hypothèses depuis longtemps datées, ce qui est d'ailleurs dit dans la légende, aussi on peut s'étonner de la trouver là. En revanche, beaucoup de cartes pratiques sur le Moyen Age, la période moderne et la période contemporaine (même si la carte sur la Seconde Guerre mondiale en Méditerranée, par contre, est surchargée, donc difficilement lisible, ce qui n'est pas le cas de celle sur la guerre froide, bien plus claire).

Au final tout de même, une expérience intéressante, dont il s'agira de voir si la qualité se confirme dans les prochains numéros.

Napoléon III n°10-Le magazine du Second Empire-avril-mai-juin 2010


J'avais acheté il y a quelques temps pour la découvrir elle aussi, la revue Napoléon Ier consacrée au Premier Empire, qui m'avait agréablement surpris. J'ai donc franchi le pas également pour la revue Napoléon III, chez la même maison d'édition, qui traite quant à elle du Second Empire.

Là encore, la qualité est au rendez-vous : le premier article sur la bataille de Gravelotte-Saint-Privat en 1870 est signé François Roth, spécialiste universitaire de la guerre de 1870-1871 et qui a d'ailleurs consacré un ouvrage de référence au conflit. J'aurais aimé en revanche que l'article sur l'artillerie française soit plus détaillé, car il paraît trop court. Un autre article intéressant traite de l'enfance du prince impérial, personnage relativement méconnu, qui périra face aux Zoulous en 1879 pendant la contre-offensive britannique suivant la grande défaite à Isandhlwana. Un autre article tout aussi pertinent, de la plume d'un autre universitaire, est consacré au développement des casinos sous le Second Empire. Une autre étude à lire, là encore rédigée par un troisième universitaire, évoque le rattachement de Nice et de la Savoie au territoire français, bien moins simple qu'on aurait pu le penser. Dernier article intéressant enfin, celui sur la construction de l'église Saint-Augustin à Paris, voulue par le régime.

Je n'ai cité volontairement que les articles munis d'une bibliographie, aussi sommaire soit-elle ; cependant d'autres sont tout aussi originaux, comme celui traitant du consul Laborde à Madagascar ou celui consacré au vélocipède. Cependant les références manquent ou se résument à un seul ouvrage, ce qui est trop peu. Néanmoins, pour peu qu'on y cherche simple (des articles de vulgarisation munis des références adéquates), l'on peut trouver son compte avec cette revue sur le Second Empire.

Jean-Luc CHAPPEY et Bernard GAINOT, Atlas de l'empire napoléonien 1799-1815, Atlas/Mémoires, Paris, Autrement, 2010


Les éditions Autrement, friandes depuis quelques temps déjà d'atlas sur tous les sujets possibles et imaginables -de plus ou moins bonne qualité d'ailleurs, notamment en termes de réalisation des cartes pour ceux de géographie, voir mes fiches précédentes-, ont sorti récemment cet atlas portant sur le Premier Empire, réalisé par deux spécialistes de la question, dont Bernard Gainot, qui était au jury de l'oral quand j'ai passé l'agrégation d'histoire.

Le plan suivi par cet atlas est globalement cohérent et la plupart des cartes sont bien faites et peuvent être même utilisées en classe ; certains documents sont mêmes originaux comme ceux traitant de la situation des colonies sous l'Empire. Par contre, certains figurés de la partie "Dynamiques économiques" laissent un peu dubitatifs quant à leur utilisation en classe, et même sur leur choix. Ce sont peut-être les deux dernières parties de l'atlas, sur les dynamiques culturelles et les résistances, qui souffrent des lacunes les plus importantes dans ce domaine : certaines cartes n'ont pas véritablement de légende, et l'on aimerait que d'autres soient plus précises et plus fouillées.

Néanmoins c'est un bon ouvrage pour qui s'intéresse au Premier Empire, pour une approche simple et par les cartes et autres documents.

Pour rester dans le thème, la fameuse scène de la charge du colonel Chabert à Eylau, dans l'adaptation d'Angelo (1994) :




Richard PARKINSON, The Rosetta Stone, British Museum Objects in Focus, Londres, British Museum Press, 2005


Voici une acquisition réalisée lors d'un voyage scolaire en Angleterre, à Londres, plus précisément. Le British Museum propose une collection de petites monographies sur les objets les plus fameux détenus par l'institution.

Ce volume traite de la Pierre de Rosette, l'un des objets phares du British Museum, qui gagnerait d'ailleurs, peut-être, à être mis en valeur à l'intérieur...

L'essentiel est dit en cinquante pages à peine -en anglais bien sûr, mais c'est un détail...-, avec force illustrations et même la traduction du texte de la pierre de Rosette en annexe, ce qui est appréciable. Pour une somme relativement modique, en plus : que du bonheur ! A déguster sans modération.

Dans la même collection, on trouve aussi, par exemple, une monographie sur le casque angle de Sutton Hoo.



Iaroslav LEBEDYNSKY, Sarmates et Alains face à Rome, Ier-Vème siècles, Illustoria, Paris, Les Editions Maison, 2010

Iaroslav Lebedynsky, auteur prolixe sur la période des grandes migrations barbares et des différentes populations qui s'y trouvent impliquées, fournit ce petit volume de la collection Illustoria, que j'ai décidé de découvrir par ce biais -elle compte déjà plusieurs volumes.

Sur un format minime (moins qu'un Que-Sais-Je), il évoque surtout le volet politico-militaire des Sarmates et des Alains face à Rome, dans un propos qui, comme d'habitude, reste très appuyé sur les preuves archéologiques, les textes étant d'une moindre utilité. Un volet central expose près de 40 illustrations, dont une bonne partie en couleur, ce qui est intéressant.

Le livre ravira sans doute les passionnés d'histoire militaire antique tels que moi, en revanche, pour ceux qui cherchent à approcher des aspects plus larges des mondes sarmate et alain, il faudra aller lire les autres ouvrages de M. Lebedynsky ou ceux de ses collègues spécialistes de la question. La démarche de la collection est clairement celle de la vulgarisation en histoire ancienne par de petits ouvrages réalisés par des spécialistes sur tel ou tel sujet (pour l'instant d'ailleurs, surtout sur l'aspect militaire).



Jean-Pierre PAULET, Géographie urbaine, 128, Paris, Armand Colin, 2009


Un petit manuel sans prétention sur cette partie intéressante de la géographique qu'est sa composante urbaine. Sans prétention et lu vite ; idéal pour s'introduire à l'ancien thème du programme de 2nde en géographie "Dynamiques urbaines et environnement urbain", devenu "Aménager la ville-Villes et développement durable", dans le nouveau programme qui débutera à la rentrée de septembre...

A noter la présence de nombreux graphiques ou cartes de petit format étant donné celui du livre, mais qui sont toujours utiles.

dimanche 13 juin 2010

Doug STANTON, In Harm's Way, The Sinking of the USS Indianapolis and the extraordinary story of its survivors, New York, St Martin's Paperback, 2001


Une lecture que j'attendais de faire depuis longtemps. Voici l'ouvrage de référence sur l'un des pires désastres subis par la marine de guerre américaine dans toute son histoire : le naufrage du croiseur USS Indianapolis.

L'USS Indianapolis, croiseur lourd entré en service avant la Seconde Guerre mondiale, vitrine de l'US Navy durant le conflit, a servi dans le Pacifique contre les Japonais. En juillet 1945, il se voit confier une mission spéciale dont le but ultime n'est alors connu que de quelques personnes dans le monde : le transport de la côte ouest des Etats-Unis jusqu'à l'île de Tinian dans les Mariannes des principaux composants de Little Boy, la bombe atomique qui sera larguée quelques jours plus tard, le 6 août 1945, sur Hiroshima.



Le 30 juillet 1945, dans la nuit, alors que l'USS Indianapolis se trouve entre Tinian et sa destination finale, Leyte, dans les Philippines, il est torpillé par l'un des derniers sous-marins japonais opérationnels, l'I-58 du commandant Hashimoto. Sur les 1 100 hommes d'équipage, 200 à 300 meurent dans le naufrage du navire, mais les 800 autres se retrouvent perdus au milieu de l'océan Pacifique. Suite à une série de négligences et du fait du caractère assez secret de sa précédente mission, les messages de détresse envoyés par le bâtiment avant de couler ne sont pas pris en compte. Les survivants passent quatre jours au milieu des eaux du Pacifique, subissant un véritable calvaire : soif, exposition au soleil, faim, à la merci des requins qui engloutiront sans doute une bonne centaine, au moins, des malheureux naufragés. Au final, après avoir été repéré par des avions patrouilleurs, seuls 317 survivants seront retirés des eaux près d'une semaine plus tard. Le désastre de l'Indianapolis reste relativement méconnu à l'époque du fait de l'explosion des bombes atomiques arrivée simultanément ou presque. Cependant, le commandant du bâtiment sera le seul dans l'histoire de la marine américaine à passer en cour martiale pour répondre de la perte du croiseur. Une condamnation infamante qui pesait encore sur sa mémoire jusqu'à récemment, car lui-même s'est donné la mort en 1968, plus de vingt ans après le drame.

Le drame de l'Indianapolis connaît une postérité inattendue à travers l'oeuvre des Dents de la mer. L'auteur du roman s'est en effet vraisemblablement inspiré d'un authentique survivant de l'Indianapolis pour forger le personnage de Quint, le chasseur de requins. L'adaptation de Spielberg (1975) contient d'ailleurs une scène fameuse où Quint raconte le naufrage de l'Indianapolis.




Un téléfilm a été réalisé, également, sur le naufrage : Nom de code requin (1991), avec Stacy Keach et David Caruso, notamment.

Un livre à découvrir pour saisir les tenants et les aboutissants de cette tragédie longtemps méconnue.





Galia ACKERMAN, Tchernobyl, retour sur un désastre, Folio Documents, Paris, Folio, 2007


Voici un petit ouvrage très peu onéreux retraçant avec force détails la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, survenue le 26 avril 1986, qui eut de dramatiques conséquences pour toute l'Europe mais aussi pour l'URSS, proche alors de son effondrement final.

On y voit les errements et les décisions calamiteuses prises par un système soviétique aux abois, lancé alors dans les réformes entreprises par Gorbatchev. Tchernobyl continue de hanter les mémoires et les esprits ; les développeurs de jeux vidéos ne s'y sont d'ailleurs pas trompés ; une société ukrainienne a créé en 2007 un FPS/jeu de rôle basé sur la catastrophe, STALKER : Shadow of Chernobyl, qui a connu d'ailleurs un franc succès.

Tout personne intéressée par cet événement important devra avoir ce livre dans sa bibliothèque : incontournable.



George E. KOSKIMAKI, D-Day with the Screaming Eagles et Hell's Highway, New York, Presidio Press, 2006 et 2007


Voici les deux premiers volumes (sur une série de trois) écrits par un vétéran de la 101st Airborne Division de la Seconde Guerre mondiale, en l'occurrence le radio du général Taylor, commandant de la division. Il s'agit de la réédition de livres parus initialement dans les années 70.






C'est en fait une collection de témoignages de membres de la division sur les deux opérations concernées, le largage du jour J dans la nuit des 5-6 juin 1944, et l'opération Market-Garden déclenchée le 17 septembre suivant. La lecture est un peu fastidieuse parfois car les témoignages s'enchaînent et se suivent en se ressemblant souvent ; néanmoins le classement thématique des chapitres permet de bien suivre le déroulement des différents combats, souvent illustrés par des cartes fines, d'ailleurs.






Le principal atout du livre est sans doute de remettre à l'honneur la 101st Airborne au sein de ses deux opérations aéroportées, particulièrement en ce qui concerne Market-Garden où celle-ci fait figure de parent pauvre face à la tragédie des Britanniques à Arnhem et aux combats de sa soeur la 82nd à Nimègue. Ceci dit la mini-série Band of Brothers (2001) avait largement remis sur le devant de la scène cette division en montrant le parcours de la Easy Company, 2nd Battalion, 506th Parachute Regiment de la 101st. C'est aussi l'occasion de minorer un peu le mythe de cette compagnie qui n'est  finalement qu'une unité parmi d'autres au sein de la division, et dont les autres composantes accomplirent bien d'autres faits d'armes en dehors de ceux réalisés par la Easy Company.

Un dernier volume, que je n'ai pas encore lu, concerne les opérations de la 101st à Bastogne, probablement la bataille la plus célèbre livrée par la division pendant la Seconde Guerre mondiale.



Jean-François PAROT, L'affaire Nicolas Le Floch, Grands Détectives 3602, Paris, 10/18, 2009

Quatrième volet des aventures du commissaire de la fin de l'Ancien Régime, qui se déroule au moment de la mort de Louis XV, en 1774.


Intéressant, plus dense que les précédents, avec de nombreuses digressions qui maintiennent le rythme de lecture en dehors de l'énigme principale. Encore une fois, ça se boit comme du petit lait ! Le travail de recherche historique est toujours solide.

Tom CLANCY, Octobre Rouge, Thriller, Paris, Le Livre de Poche, 2007


De retour après un mois de mai encore bien rempli par le travail...
J'ai enfin lu le livre à l'origine du film A la poursuite d'Octobre Rouge (1990) de John McTiernan, après avoir fait une démarche inversée consistant à voir l'adaptation avant la source originale...

Du coup je suis quelque peu frustré car le le livre m'apparaît bien long à côté de l'aspect "rétréci" du film, bien plus dynamique. C'est néanmoins un récit bien mené qui, malgré quelques longueurs, se dévore bien.






dimanche 6 juin 2010

Jean-Charles JAUFFRET, Afghanistan 2001-2010. Chronique d'une non-victoire annoncée, Frontières, Paris, Autrement, 2010, 277 p.




La France doute largement de son engagement en Afghanistan, depuis la réplique lancée par les Etats-Unis aux attentats du 11 septembre 2001 (opération Enduring Freedom), et ce encore plus depuis l'embuscade meurtrière d'Uzbin en août 2008, qui coûta la vie, en une seule journée, à 10 militaires français. Un événement qui rappelle qu'en Afghanistan se mène bien une véritable guerre, et non pas, justement des « événements », comme on l'a longtemps dit pour un autre conflit engagé en Algérie. L'ouvrage de Jean-Charles Jauffret, agrégé d'histoire et spécialiste de l'histoire militaire coloniale, vient à point nommé pour faire un bilan sur cette guerre relativement méconnue dans ses aspects quotidiens, et ce alors qu'on approche de la décennie de combat, ce qui pour la France est plus que la guerre d'Indochine (1946-1954) ou la guerre d'Algérie (1954-1962).